Une bonne histoire de Marseille - Dominique Taddei

Dominique Taddei a décidé de nous faire rire… il y arrive très bien !

  

  

Une bonne histoire de Marseille 

  

Parfois, comme dans tous les métiers, il vous arrive de connaître des situations qui vous font mourir de rire. Celle que je vais vous raconter est une histoire vraie qui s’est passée à Marseille, pourtant connue pour être la ville de la blague mais cette fois ce n’en fut pas une.

C’était un vol en Boeing 707, nous partions de Paris vers Dakar avec escale à Marseille.

Arrivés à Marseille, les passagers en transit demeuraient à bord pour éviter de nouvelles procédures de police et tout le monde vaquait à ses occupations. Le service de nettoyage s’occupait de remettre en ordre la cabine de façon à ce qu’elle soit prête pour les passagers de Marseille qui allaient embarquer.

Je passais dans le couloir, lorsqu’une passagère obèse me demanda l’autorisation de se rendre aux toilettes, je donnai mon accord. Remarquant qu’elle avait du mal à se déplacer, je restai à ses côtés et je l’accompagnai vers l’arrière de la cabine.

Elle pénétra dans les toilettes, réussit à fermer la porte et j’attendis patiemment sur l’escabeau arrière collé à l’appareil, pour profiter du soleil de Marignane.

Au bout de quelques minutes, j’entendis un cri strident venant des toilettes : « Au Secours ! Au Secours ! Au Secours ! ». Ne comprenant pas ce qui arrivait, j’essayai de la calmer puis voyant qu’elle n’arrêtait pas de crier, j’ouvris la porte avec mon stylo et là j’aperçus la passagère assise, les yeux hagards mais ne présentant aucun signe de malaise. Je ne savais pas quoi faire, j’étais perdu. Elle me tendait les bras mais vu son poids, je n’arrivais pas à la soulever. L’hôtesse tenta de m’aider mais essayez donc d’entrer à deux dans une toilette d’avion… La situation se compliquait…

C’est alors qu’un des agents de nettoyage ayant compris le problème, se mit à crier comme un dingue tout en se précipitant vers la porte arrière pour prévenir le chauffeur du camion vidangeur : « Arrête la pompe à merde ! Arrête la pompe à merde ! Arrête la pompe à merde ! »

Eh oui, ce sont des choses que l’on ne nous apprend pas en stage, quand un avion arrive en escale, arrivent les camions d’essence, de l’eau, de l’hôtellerie mais aussi ceux qui vidangent les toilettes. Vous avez compris ce qui s’était passé, la femme obèse assise sur le « trône » l’avait complètement couvert. Le chauffeur du camion vidangeur ayant mis en marche la fameuse pompe était tout simplement en train d’aspirer notre passagère comme avec une ventouse !!!!

Plus de peur que de mal, mais quand tout s’arrêta, il fut difficile aux passagers et à tous ceux qui étaient à bord de ne pas éclater de rire.

Par la suite une note fut prescrite de bien surveiller à ce que le camion de vidange ait fini son travail avant de permettre l’accès aux toilettes pendant les escales.

 

  

Les autres textes de Dominique Taddei

    Ajaccio, Campo dell’Oro, été 1962

    Été 1962 (suite)

    Été 1962, en rase-mottes

    Comment je suis arrivé à la B.A.N d’Asprettu

  

  

Avis aux lecteurs
Un texte vous a plu, il a suscité chez vous de la joie, de l'empathie, de l'intérêt, de la curiosité et vous désirez le dire à l'auteur.e ?
Entamez un dialogue : écrivez-lui à notre adresse decameron2020@albiana.fr, nous lui transmettrons votre message !
   
   
Article ajouté à la liste de souhaits
Product added to compare.

Le site Albiana.fr utilise des cookies pour la gestion de votre compte client et suivre l'audience (sans suivi individuel).