Pierre Lieutaud - En haut de la colline

    

« C'est un chemin de croix dépouillé, il n'y a que le Christ, le silence, la croix et l'incompréhension des gens, comme un pique-nique qu'on dérange... » précise Pierre Lieutaud.

  

  

            En haut de la colline

  

Un jour, 

certains disent un beau jour,

je gravissais une colline

en suant sang et eau, 

un printemps époustouflant

de brûlures et de vent,

un vieux simoun en colère,

parti des dunes familières

avait  balayé la terre....

Un jour donc,

je gravissais une colline,

une croupe de terre

aux herbes desséchées

où même les grillons ne pouvaient plus chanter

tortues, fourmis, abeilles et musaraignes 

s’en étaient elles aussi allées

sous l’ombre séculaire

des vieux noyers de la clairière

et ils attendaient là

que vienne la nuit et le froid,

Et moi, je gravissais une colline

entre quelques oliviers perdus,

de la terre à perte de vue.

Le silence étouffait mes pas,

les gens autour ne parlaient pas,

la canicule sûrement.

Comment savoir si ce silence

Était un pauvre emmurement

ou une simple indifférence ?

Et toujours ce chemin de terre 

ce paysage toujours pareil 

qui serpentait entre bruyères

et noirs épineux au soleil.

Le soir, sans dire un seul mot

j’étais arrivé tout en haut,

un arrondi de croupe herbeuse 

avec une croix de bois à côté….

 

 

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