M. Bursacchi-Perrin, J. Angelini et S. Varga - 24 heures avant la fin

 

On n’est jamais trop prudent, surtout quand il s’agit de… prendre des risques ! Un récit de Mikaela Bursacchi-Perrin, Joshua Angelini et Sorina Varga

  

 

24 heures avant la fin

En ce début d’après-midi, bien trop chaud et calme du 23 novembre 2036, un groupe de quatre amis eurent l’idée de se rendre à la Citadelle de Corte, bien qu’elle soit interdite d’accès… 

Mais que se passerait-il, si au même moment une première catastrophe venait à toucher la Terre et causait l’extinction d’une grosse partie de la race humaine avant que la vraie fin arrive ?... Est-ce que nos quatre héros vont réussir à sauver la seule planète habitable, ou vont-ils échouer… ?

 

23 novembre 2036

Racontée par SORINA :

J’étais avec mon groupe d’amis qui se compose d’une grande brune de quinze ans, fan de mode et toujours bien habillée, du nom de Mikaëla, un grand brun de quinze ans également, étant un petit peu têtu sur les bords mais très sympathique, prénommé Joshua, un autre grand ayant quinze ans aussi, aux cheveux ténébreux, étant plus communément mon petit ami. De plus fan d’engins en tous genres, appelé Naigel. Et moi, une petite de seize ans aux cheveux châtain foncé bouclés, très à fleur de peau. Nous étions à Corte en train de nous promener. Joshua prit la parole :

« Hey, ça vous dit d’aller faire un tour à la Citadelle ?, demanda-t-il d’un ton audacieux.

- Tu es fou, c’est totalement irresponsable ! Dois-je te rappeler la catastrophe d’il y a deux ans ?, l’engueula Mikaëla.

- Roooh, c’est bon, tu es vraiment pessimiste, tu vois toujours le mauvais côté des choses !, dit-il, contrarié, en roulant des yeux. 

Je pris la parole...

- C’est vrai que Mikaëla a raison, mais d’un autre côté, cela pourrait être amusant ! Un petit peu d’action dans la journée. Ça ne fait pas de mal.

- Allez Mimi, ça peut être marrant… une petite escapade dans les hauts de Corte », dit Naigel en enjolivant la chose.

Mikaëla regarda à tour de rôle Joshua, Naigel et moi tandis que nous la regardions d’un regard persuasif.

Elle souffla d’exaspération et répondit :

« Bon… c’est d’accord, je veux bien, mais nous prenons de l’équipement, par exemple, toi Sorina tu prendras ta montre à remonter dans le temps et toi Josh, ton exosquelette !

- Personnellement ça me va, ce qu’elle propose, nous pouvons aussi prendre mon aéromotors pour monter en haut plus rapidement !, dit Naigel.

- C’est une très bonne idée ! Mais il y a un hic, sur ton aéromotors il n’y a que deux places, et nous sommes quatre,  finit Joshua en se grattant l’arrière de la tête. 

- Tu n’as qu’à prendre la tienne, répondit Naigel.

- Ça risque d’être compromettant… En roulant la semaine dernière, j’ai eu un léger accident, du coup elle est en réparation et tu sais que la mienne c’est un exemplaire de seulement 200 copies de 2030, et ils n’arrivent pas à trouver des pièces de rechanges.

- Ah zut… je peux toujours te prêter un de mes hoverflys, dit Mikaëla.

- Tu en as combien ?, demandai-je.

- J’en ai deux, ce sont les derniers sortis… Ils fonctionnent à base de CNG et ils sont super puissants !

- Tu parles des tous derniers ? Ceux de 2035 qui fonctionnent au gaz naturel comprimé avec une coque chromée et qui se déplacent en antigravitationnel ?, demanda Naigel, en mordu des nouvelles technologies.

- Oui absolument !, dit-elle, sarcastique et fière d’elle.

Je décidai de prendre la parole.

- Bon maintenant que tout est clair, nous pouvons aller nous préparer… On se retrouve en face du lycée Pascal Paoli à quinze heures ! C’est bon pour vous ? »

Ils répondirent tous d’un oui collectif et partirent chacun de leur côté.

 

 

23 novembre 2036,

Racontée par MIKAËLA :

Juste après avoir quitté la bande, je partis en direction de là où je loge… Mais je ne saurais comment le décrire, j’ai comme cette capacité depuis toute petite ! 

Je peux ainsi prédire approximativement le temps de la météo (qui est très souvent juste pour ma part), cela peut paraître assez choquant au premier abord, mais je sens que la journée va être mouvementée… Comme pour une grosse tempête de vent en approche, j’ai le nez pour ça on va dire !

Mais je préfère ne pas prêter attention à cette sensation plus forte que d’habitude, et me concentre sur le fait que je dois bientôt repartir de chez moi sans oublier mes hoverflys.

Ni une ni deux, je sors de chez moi, ferme la porte hâtivement, grimpe sur mon moyen de transport toujours sans oublier le second et m’envole vers le lycée Pascal Paoli avec une maitrise absolue !

Quelques instants plus tard, j’arrive en haut et j’aperçois déjà Sorina et Joshua… Je me pose à leurs côtés et commence à dialoguer avec eux.

« Salut, ça va depuis pas très longtemps ?

- Et bien, ça va super et toi ? Au fait tu as apporté ton hoverfly ?, demanda Josh plus impatient qu’un enfant à Noël.

- Oui ne t’inquiète pas, il est juste derrière moi ! 

Je lui montre mon bijou et il s’empresse de monter dessus. Malgré le fait qu’il n’en a jamais fait, il a un très bon contrôle de l’objet, c’est plutôt impressionnant sachant qu’il faut savoir que quand j’ai eu le mien, j’ai mis presque un ou deux mois avant de m’adapter aux turbines à vitesse et à avoir un bon équilibre… Il va même jusqu’à faire des loopings dans les airs. C’est incroyable !

Je reprends mon sérieux pendant qu’il s’amuse dans son coin et me tourne vers Sorina pour lui demander quelque chose.

« J’aimerais savoir Sorina, il arrive quand ton copain ?

- Il ne devrait plus tarder je pense, il m’a dit qu’il serait sûrement en retard d’environ dix petites minutes.

- D’accord, pas de souci, dans ce cas, je vais aller acheter deux ou trois bricoles afin de grignoter si nous avons faim là haut !

- Ok pas de souci, on t’attend ! »

Je pars en direction de la petite superette et je ressens comme un petit tremblement, sous mes pieds, puis je me dis à voix audible seulement par moi…

« C’est rien, ce ne doit être que les plaques tectoniques qui s’entrechoquent, ça arrive souvent ces derniers temps… » 

Au fond de moi, à ce moment-là, je me disais que mon ressenti par rapport à la météo était relié… Mais je ne voulais pas me l’avouer et j’aurais dû pourtant… !

 

Ellipse de la journée

 

L’après-midi passe tranquillement malgré quelques secousses par-ci par-là. Nous sommes à la citadelle en dépit de l’interdiction et il est maintenant 17h30, quand je me lève enfin, un énorme tremblement de terre fait surface et je tombe net par terre, il y a de la poussière de partout, des cris provenant de mes amis, des colonnes de la Citadelle s’effondrent, je crois que c’est la fin… J’essaie de me diriger vers eux en rampant à terre salissant mes vêtements et finis par les trouver. Joshua est présent ainsi que Sorina et Naigel. Sorina se met à parler le plus fort qu’elle le peut, bien que la poussière inspirée lui brûle sûrement les poumons et l’œsophage à chaque mot prononcé.

« Joshua tu m’entends ?, dit-elle à en perdre haleine.

- Oui je t’entends qu’y a-t-il ?

- Tu vas écouter mot pour mot ce que je vais te dire !

- D’accord ! Que dois-je faire ?

- Tu vas enfiler ton exosquelette et tu vas prendre toutes les pierres et débris au sol pour nous faire une sorte d’abri le temps que l’espèce de tempête infernale se termine !

- Très bien ! », répond-il avant de se mettre au boulot.

En seulement cinq pauvres minutes, il nous a construit une sorte de Q.G. Il nous emmène un par un avec nos affaires dans ce dernier. Heureusement que Sorina était là, elle a pris la situation en main avec sa forte façon de réfléchir et de trouver des solutions rapidement, et surtout… Joshua était présent avec son exosquelette pour nous construire un endroit afin que nous soyons en sécurité le temps que la catastrophe soit terminée…

Le temps passe… Mais si nous n’avions pas eu nos téléphones, je jurerais que plusieurs heures sont passées alors que ça fait uniquement trois quart d’heure que nous sommes partiellement en sécurité. Le tremblement s’est un peu calmé mais il est toujours présent, nous entendons toujours des pierres tomber, chuter et se fracasser au sol. Sorina est blottie contre Naigel et semble assoupie… Malheureusement, Josh, Naigel et moi restions éveillés au cas où le pire se produirait…

Les minutes se transforment en heures et par je ne sais quel miracle, au bout d’environ trois heures et demi, le tremblement a cessé, je décide de sortir pour voir si nous pouvons tous rentrer chez nous en sécurité !

Quelle n’est pas ma surprise, quand j’aperçois l’environnement : autrefois, c’est-à-dire il y a trois heures et demi, tout était couvert de verdure, tout s’est transformé en un champ apocalyptique… Les ruines de la Citadelle sont devenues des cendres et des petits gravillons, seul le belvédère tient encore, il y a comme un gaz étouffant qui empêche de respirer, je dois mettre mon écharpe devant ma bouche et mon nez pour pouvoir respirer à peu près correctement, de plus, Corte est ensevelie sous un nuage épais et trouble. Je peux à peine voir à deux mètres à la ronde.

Ne me voyant pas revenir, mes camarades sortent et sont autant sous le choc que moi… 

Nos téléphones se mettent à vibrer à l’unisson, une notification ? De qui ? De quoi ? Que s’est-il passé pendant que nous étions cachés ? Les médias ont-ils des réponses ? Est-ce la fin du monde ? Qu’allons-nous faire ? 

Malheureusement, ces questions sans réponses pour le moment, trottaient maintenant dans la tête de la moitié de la population mondiale restante…

 

 

Corte au temps des hordes

En attendant le second tome du roman d’Anouk Langaney qui arrivera bientôt (Le Temps des hordes – Soupçons), les élèves de troisième du Collège Pasquale Paoli de Corte se sont mis au travail. Ils ont imaginé, chacun de leur côté ou en petits groupes, leur propre suite en répondant à ces questions : « À quoi ressemblera ton lieu de vie en 2036… quelle catastrophe pourrait s’y produire ? Comment t’en sortir (avec le super-pouvoir de ton choix !?). À toi d’écrire ». 

22 nouvelles ont été écrites dans le cadre du projet littéraire Corte au temps des hordes, dont celle-ci, par des élèves de la 3e Rouge.

Avec la complicité de Stéphanie Fede Vincensini et d’Anouk Langaney.

Pour lire les autres textes c’est ICI

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