Journal #2 / 2 avril - Ph. Castellin

Jeudi 2 avril

 

Comme j'envoie ce « journal de bord » à quelques amis, j'ai des retours. L'un d'entre eux (J.M.) me dit que lui se tait, à propos du virus, comme il s'est tu à propos du Bataclan ou du 11 Septembre. Sur les deux derniers, je puis comprendre, ou imaginer des raisons. Mais le virus  me semble poser des questions très différentes et bien que l'État de guerre de Macron puisse être jugé un fac-simile des propos de Hollande au moment du Bataclan ou de Charlie-Hebdo, l'implosion discursive provoquée par la pandémie va bien au-delà : elle ne partage pas entre ceux qui sont « pour » et ceux qui sont « contre » : être « contre » l'Islam radical a un sens, et être « pour » également, fût-il très minoritaire en France. Être pour le virus n'a aucun sens, contre est tout aussi absurde. Le virus n'est pas un combattant, fanatique ou pas. Il se contente d'être lui-même et persévérant dans son être de nous renvoyer à toutes ces contradictions systémiques vis-à-vis desquelles il joue, je l'ai déjà dit, le rôle d'analyseur. Et implacablement. Comment concilie-t-on le libéralisme planétaire avec le nationalisme en matière de production sans procéder à des nationalisations ? - Où commence en ce domaine cet « essentiel » qui n'a jamais autant préoccupé sans être pour autant plus clair ? - Les médicaments, soit ; et l'agriculture ?- et la culture ? - et la recherche, et l'élevage, et l'école ? Longue la compagnie ! - Il est (assez) facile de mettre des soldats dans les aérogares et lieux publics ou d'activer les cellules anti-terrorisme et les services secrets idoines. Il est bien plus difficile de fabriquer à feu vif les milliards de masques nécessaires quand on laissé la production s'extra-localiser, depuis des années. Ou même de les acheter : comme me l'apprend aujourd'hui un autre lecteur, Elie, mon fils,  savoir que les Américains ont tenté et partiellement réussi d'acheter les commandes effectuées par les Français, en proposant aux vendeurs des pris deux ou trois fois plus élevés que prévu. Vous n'y croyez pas, d'accord, lisez : « Des masques commandés en Chine par la France sont rachetés par les Américains sur le tarmac des aéroports chinois d’où doivent partir les avions de livraison, qui se dirigent ensuite vers les États-Unis au lieu de la France, a regretté ce mercredi 1er avril Jean Rottner, le président de la région Grand Est, particulièrement exposée au coronavirus. « C’est compliqué, on se bat 24 heures sur 24 « Pour que les masques soient livrés », a déclaré à ce sujet Jean Rottner au micro de RTL. « Moi, j’ai une petite cellule au niveau de la région qui travaille d’arrache-pied pour, avec les commanditaires, pouvoir gagner ces marchés. Et effectivement, sur le tarmac, les Américains sortent le cash et payent trois ou quatre fois les commandes que nous avons faites, donc il faut vraiment se battre. Et moi, j’ai été très heureux de voir arriver cet avion chez nous hier soir », a-t-il ajouté. Rottner ne donne pas plus de détails. Qui étaient ces « Américains » ? Qui étaient ou sont leurs commanditaires ? Qu'avaient-ils à voir avec Trump  et ses volte-face, du négationnisme radical (le virus comme «bobard ») à l'actuelle stature de Sauveur via General Motors ? – Analyseur ; le rôle de l'argent dans le cadre de Bush & co, en Irak ou ailleurs, on s'en doutait, on était traité de « complotiste » si l'on s'en doutait. Là c'est à plat et là c'est clair. Notre monde montre son cul.

    

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Journal #1 / 23 mars - 1er avril

    

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