Michel Bouchy - Dépendance

 

Perdre pied, se sentir diminuer, irrémédiablement : les mots de Michel Bouchy sont durs à entendre. Pourtant, ils sont là les mots ! Ils tintent, ils volent… et portent ! Preuve de vie et de courage ! 

 

Dépendance

 

Quand le corps affligé ne peut masquer sa peine

Qu’il se voute et se tord en silence se traine

Faut-il se résigner abandonner la scène

L’image dégradée deviendrait-elle obscène

Les gestes quotidiens ne  servent qu’à survivre

Les forces diminuent faut-il fermer le livre

Se contenter d’hiver et supporter son givre

Croire encore au printemps aux parfums qui enivrent

Le handicap est là il a poussé la porte

S’est invité sans bruit intrus en quelque sorte

Puis petit à petit s’est révélé escorte

Présence continue désormais qu’on supporte

D’apparence bénigne sans douleur accablante

Le mal fait son chemin parodie affligeante

Le mouvement se perd  la raideur est pesante

Marcher devient épreuve plus dure sera la pente

Mais cette déficience altérant l’existence

Génère une autre peine bien plus avilissante

Finie l’autonomie voici la dépendance

La personne  se meurt la vie devient tourmente 

Quel douloureux état que d’être à la merci

Que d’être condamné à devoir dire merci

Que de chercher dans l’ombre l’espoir d’une éclaircie

De n’y trouver que grain pour un ciel obscurci

Ajaccio le 4 janvier 2022

 

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