Martine Ferrari - Avenue du printemps

    

Puisque le printemps revient, la vie aussi refleurira, il faut croire Martine Ferrari !

  

 

Avenue du Printemps

   

Demain sera un autre jour. Il peste contre lui ! Un autre jour ? Balivernes !!! Il a presque honte d’avoir espéré le renouveau, la liberté.

Un an plus tard, il ne flâne plus les cheveux en pétard dans sa robe de chambre mais, il regarde la vie.

Il enfile un pantalon, une chemise, pschitt pschitt, un peu de son parfum, un coup de peigne, le voici prêt. Il se pose  dans son salon devant son écran, il fait partie de ceux que son demain, son renouveau, obligent à travailler deux jours chez lui, et deux jours au bureau pour éviter... comme ils disent.

Les jours passent au fil des semaines qui se veulent les mêmes.

Ce matin à la radio des mots, une mélodie pas essentielle.

Ses lunettes sur le nez, il tourne les pages d’un livre pas essentiel.

Voilà que tout à coup les petits bonheurs, les petits instants de joie sont décrétés : pas importants.

De quoi seront faits nos lendemains Charline s’ils ne peuvent plus être faits de nous ?

Nous, au théâtre, dans la salle magique à l’épais rideau rouge.

Nous, au cinéma, les pots de pop-corn dans les mains, riant des calories fondant dans nos bouches, attendant que l’écran blanc prenne vie.

Nous, endormis dans la couchette du bateau, navigant vers des vacances préparées à la dernière minute sans se soucier du lendemain qui chantera nous en sommes sûrs.

Nous, dans les concerts, chantant à tue-tête, noyés dans la foule.

Et puis nous, chez Gaston, qui nous présente son plat du jour avec son grand sourire.

Sourire Charline, sourire. Je le devine derrière, à tes paupières qui se plissent.

Espère encore, voit le bleu du ciel, regarde la mer, les étoiles, les nuages, les oiseaux. Au loin les montagnes enneigées.

Regarde les fleurs, le printemps qui revient, regarde la vie. Il nous reste tout çà Charline, tout çà à contempler tant qu’on nous le laisse encore, avant que la montre nous ordonne de rentrer.

Alors rions, chantons, lisons, écrivons, faisons de nos lendemains des rêves, tant qu’il nous est permis de rêver, jusqu’à ce que nos rêves redeviennent encore, peut-être un jour une réalité.

  

 

 

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