Dominique Gaudin - Le jour où j’ai rencontré N.

  

Partir sur les traces de Napoléon peut aussi mener jusqu’à l’Egypte des Pharaons. Un souvenir de Dominique Gaudin.

 

  

Le jour où j’ai rencontré N.

 

C’était une nuit d’août, "LA" nuit du 15, sur le port d’Ajaccio.

En séjour chez des amis, nous attendions le feu d’artifice. Je devais avoir 13 ou 14 ans. La presse avait annoncé que le "bouquet" du spectacle serait l’embrasement du portrait du Grand Homme.

L’embrasement eut lieu : la magie... C’était bien lui, N., présent déjà sur les étagères de la bibliothèque familiale de Tattone.... Je ne m’y intéressais guère alors.

C’était lui, N., dont Tino chantait le retour dans l’Ajaccienne qu’égrenait le gramophone "Ah ! Le voici, victoire, victoire, qu’il soit fêté dans sa maison...." bien cucul la praline cette emphase dont nous nous moquions frères, sœurs, cousins, amis, nous mettant à "genoux, citoyens et frères..." aux injonctions de Tino!!

Cette rencontre, sur le port d’Ajaccio ce soir-là, a agi comme un déclic : au retour de la semaine chez mes amis, je devins le rat de notre bibliothèque, feuilletant, compulsant tous les livres consacrés à N. que ma grand-mère, libraire sur le Cours N., avait envoyés à Tattone. Je fus alors prise par une boulimie de savoir, de connaître. Est-ce une reproduction de gravure ou de tableau, je ne me souviens plus, qui m’a décidée de m’enrôler pour suivre N. en Égypte? Je découvris alors un monde fascinant : des paysages, des monuments, une civilisation mystérieuse et fabuleuse, sans doute comme un Vivant Denon ou un Champollion (que je retrouverais des décennies plus tard au musée de Figeac) l’ont découverte in situ ; sans oublier ces Mameluks dont le seul nom me séduisait et me terrorisait à la fois.

Dès lors, je contractai l’égyptomanie : Pharaons et Reines, scribes, Nil, désert, tombes et sarcophages, Vallée des Rois, momies, Gizeh, Kheops, Abou Simbel, Louxor, et tant d’autres merveilles... N. m’avait ouvert toute grande une porte sur un monde extraordinaire.

N.B. Je ne suis jamais allée sur ces lieux de mémoire, qu’habituellement j’affectionne ; par contre, à l’occasion d’escapades, je me suis attardée dans les salles consacrées à l’Égypte au British Museum, au Louvre, ou dans des expositions à l’IMA et au Musée de la Corse à Corte (Bonaparte et l’Egypte ).

 

 

Ce texte fait partie du compagnonnage mis en place entre Le Nouveau Décaméron 2021  et l’atelier d’écriture Racines de Ciel, animé par l’écrivaine Isabelle Miller, dans le cadre des activités littéraires du festival Racines de Ciel.  

Le thème choisi cette année était « Commémorations publiques, souvenirs privés » articulé autour de plusieurs propositions successives.

La première proposition à laquelle le présent texte souscrit était : « Napoléon et moi » : écrire une page à partir des idées, souvenirs, images qu’évoquent en moi le personnage de Napoléon.

  

 

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