Paule Martinetti - Une invite impérieuse

   

Il est temps de se retrouver ! Une correspondance de Paule Martinetti

 

 

Une invite impérieuse

 

  

Le 1 mars,

Joseph, Pierre,

alors les garçons, on s’y met ?

L’an dernier tout retournés après ce confinement qui nous a pris au dépourvu, nous avions réussi à esquiver ce que nous nous étions pourtant promis lors de cette soirée d’août 2019.

Nous avions promis de ne plus laisser passer 20 ans et de recommencer tous les ans.

Nous avions promis nous, les « résidents » ... 

Et aujourd’hui où en sommes-nous ? 

Nous nous plaignons de ne voir personne, de ne plus se retrouver autour d’un verre, de laisser la distance entre nous s’installer et alors ...

Chaque fois que j’évoque l’idée de renouveler cette soirée vous me répondez, on a le temps, on verra…

Eh bien non, là nous n’avons plus le temps, les beaux jours arrivent à grands pas et chacun va essayer de son côté de retrouver une vie normale, mais je dis bien chacun de son côté donc très rapidement si nous n’y prenons pas garde, l’été va passer et nous n’aurons rien organisé.

Allez, ça va être bien les garçons !

 

Le 3 mars,

Bonjour les garçons,

j’ai lu toutes vos objections, vos réticences, vos doutes, votre lassitude, vos idées noires par ces temps perturbés.

Mais je ne suis pas d’accord, encore une fois, vous le savez.

Nous avons grandi, mûri, vieilli, certains nous ont quittés mais d’autres on fait de merveilleux bébés.

Alors il nous faut continuer, chanter, rire, s’embrasser, certes de loin pour le moment mais très fort par la pensée.

Oui bien sûr depuis l’an dernier plusieurs se sont disputés, les histoires de famille les ont éloignés, mais en fait tous en secret n’attendent qu’une chose …

Alors comme d’habitude, je vais prendre les choses en main, distribuer les rôles, organiser, tout décider.

Et vous direz encore « heureusement qu’elle était là, en toute circonstance, envers et contre tout ».

Bon je vous attends dimanche en début d’après-midi autour d’un bon café et on en parle ?

 

Le 5 mars, 2h 37

Je ne dors pas, je vous écris encore une fois, vous trouverez certainement ces lignes à votre réveil, vous les lirez peut-être avant d‘aller travailler.

Le 8 août, c’est bien la date que nous avions décidé ensemble, pour une fois tous réunis en ce matin pluvieux du printemps 2019.

Nous ne pouvons rater ce rendez-vous, pour nos enfants, pour nos parents qui peut-être nous voient, nous entendent, mais surtout pour nous, nos souvenirs, notre histoire…

Allez les cousins, à dimanche…

 

  

 

Ce texte fait partie du compagnonnage mis en place entre Le Nouveau Décaméron 2021  et l’atelier d’écriture Racines de Ciel, animé par l’écrivaine Isabelle Miller, dans le cadre des activités littéraires du festival Racines de Ciel.  

Le thème choisi cette année était « Commémorations publiques, souvenirs privés » articulé autour de plusieurs propositions successives.

La seconde proposition à laquelle le présent texte souscrit était : 

« Une commémoration privée » : Vous organisez une cérémonie pour célébrer un événement ou une personne de votre entourage. Ecrivez à un(e) proche comment vous voyez les choses, sans citer la personne ou l’événement à célébrer.

  

 

Avis aux lecteurs

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