[ Jusqu’ici tout va bien] - Barbara Panelli - Le pire est-il à venir ?

 Lorsque les yeux décillés, on regarde le monde en face, que reste-t-il à espérer ? (texte original italien à la suite)

 

Le pire est-il à venir ?

 


Ainsi ce serait la fin du monde ? La vieille dame que j'aide me parle de la deuxième guerre et me prévient : “Si une autre guerre arrive, malheur. Si une autre guerre arrive, malheurs... malheurs...” En le disant, elle a les mains jointes et les yeux plongés dans un passé qu'elle est la seule à voir. Je voudrais lui dire que la guerre est déjà là. Seulement, c'est différent. Ce n'est pas une guerre mondiale semblable à celle dont elle se souvient. Elle a une forme différente. Une forme liquide dirait Bauman. Il y a d'innombrables victimes sur toute la planète. Seulement on ne les additionne pas. Il suffit de les diviser par zones géographiques, en évitant soigneusement le dénominateur commun à tous ces conflits, en nous persuadant de leur séparation.

Tout va mal. L'évidence de l'injustice et de la douleur n'est pas contestable, mais on s'obstine à la nier. Nous sommes confrontés à une combinaison de plusieurs crises, au plutôt à l'intérieur de celles-ci, et nous persistons dans l'erreur de les considérer comme des compartiments étanches. Il serait peut-être plus correct de parler d'une combinaison de bouleversements, car “crise” est un mot auquel nous donnons généralement, et à tort, un sens négatif et qui signifie plutôt séparer, discerner, choisir. La crise est une opportunité, pas une défaite. C'est pourquoi mon amie Ada interprète les difficultés et les souffrances de ce moment historique comme celles du travail et de l'accouchement. Accouchement pour donner naissance à un nouvel homme, une nouvelle humanité, mais il est impossible d'espérer qu'un tel changement d’époque, une telle transformation révolutionnaire, puisse se faire sans douleur. Je comprends ce que mon ami pense, mais je ne peux pas me libérer du contingent. Des effets tangibles de cette phase nécessaire. De la douleur de chaque être vivant, de chaque personne. Du tourment de celui qui souffre. Car chaque vie a de la valeur et je trouve difficile d'accepter  le prix à payer surtout par les faibles. Je souffre en voyant un jour après l'autre la violence, l'abus, le mépris. Le viol méthodique et comptabilisé de la vie dans toutes ses manifestations. Voir les eaux empoisonnées, les terres contaminées, la soif, la faim, le commerce et l'extermination des êtres vivants, l'avidité qui ne connaît d’autre qu'elle-même. Comme si mon corps était entouré de la totalité de la condition humaine. Toute la souffrance des vivants.

Et maintenant, plus que jamais, maintenant que nous sommes obligés de prendre nos distances pour nous soigner et nous protéger, nous et notre voisin, maintenant que quelques-uns d'entre nous s'enrichissent et spéculent encore sur une nouvelle tragédie alors que la plupart, et tant de ceux qui se sentaient en sécurité, protégés de toute ruine, sont destinés à glisser inexorablement vers le bas, maintenant qu'il est clair que nous n'avons pas encore vu le pire en terme de dérives sociales, de troubles, de nouvelle pauvreté et de marginalisation, quelles sont les solutions pour ne pas être dépassés ?

Certains parlent d'une maison à la campagne avec un potager, un puits, des livres et des poulets. S'isoler comme ultima ratio ? Certains disent qu'il faut descendre dans la rue, manifester. Donc, s'isoler versus démontrer ? Les deux solutions, cependant, favorisent le maintien du statu quo. Se replier sur le privé, augmenter la distance du physique au social, c'est peut-être ce que veulent les puissances fortes car cela facilite le maintien de l'ordre à une époque où les raisons de protester abondent. Manifester pacifiquement, rechercher le dialogue, espérer une confrontation intelligente et constructive est impossible. La colère s'insinue, le mécontentement, la frustration, la rivalité, tout se mélange. La bonne intention devient indissociable de l'explosion de l'instinct de détruire ce que l'on ne comprend pas et contre lequel on se sent impuissant. Tous ceux qui descendent dans la rue sont terrassés, arrêtés, réduits au silence. On ne peux aller par quatre chemins. C'est la masse qui agit et se déplace, et on n'a pas le temps de la considérer comme composée d'individus ; il faut seulement l'arrêter et l'apprivoiser. Ainsi, même la manifestation favorise le maintien du statu quo et fournit également des éléments pour certaines manipulations médiatiques liées au discours “sécurité contre acquiescement”. Si s'isoler n'est pas la solution, si ce n'est pas non plus revendiquer des droits, sommes-nous donc dans une impasse ?

Sur cette terre traversée par la maladie du mécontentement, par une épidémie qui oppose les négateurs aux moutons, comme les premiers définissent ceux qui, en plus d'adopter la prudence et le respect de rigueur, sont soumis à des règles de précaution que toute ménagère de bon sens dirait meilleures et plus efficaces, dans lesquelles les stratégies mafieuses de thésaurisation des positions de pouvoir, de mauvaise gestion frauduleuse, de détournements avérés, de corruption, ouvrent la voie à l'incompétence, au vol, et jouent sans le moindre frémissement éthique avec la vie des autres, qui devraient être punies sans procès des travaux forcés dans les mines ; cette terre où les attentats quotidiens (Cameroun, France, Afghanistan, Pakistan, Autriche, les dernières dans l'ordre du temps) s'ajoutent à l'incapacité des chefs d'État de baisser le ton, je pense à la France envers la Turquie d'un Erdogan qui, en plus de tout le reste que nous connaissons déjà, n'hésite pas à donner sa bénédiction à l'extrémisme, eh bien, je me demande si, sur cette terre ainsi faite, vraiment le dernier recours n’est pas juste d'espérer que son travail ne soit pas trop long et que l'enfant ne naisse pas mort ?



Ottobre 2020

 

 

Il peggio ha da venire ?

 

È dunque giunta la fine del mondo? L'anziana signora che aiuto mi racconta della guerra e avverte, Se viene un'altra guerra, guai. Se viene un'altra guerra guai..., guai. Mentre lo dice ha le mani giunte e lo sguardo raccolto in un passato che solo lei vede. Vorrei risponderle che la guerra c'è già. Solo che è diversa. Non è un conflitto mondiale simile a quello di cui lei ha memoria. Ha una forma diversa. Liquida direbbe Bauman. È ovunque sul pianeta e conta innumerevoli vittime. Solo che non le si somma. Ci si limita a suddividerle per zone geografiche, si evita accuratamente di trovarne il comun denominatore, si persuade della loro separatezza.

Tutto non va. L'evidenza di ingiustizia e dolore non è discutibile, eppure ci si ostina a negarla. Siamo davanti, anzi dentro, una combinazione di più crisi e perseveriamo nell'errore di considerarle a compartimenti stagno. Forse più corretto sarebbe parlare di una combinazione di sconvolgimenti, perché crisi è una parola cui abitualmente, e sbagliando, diamo un'accezione negativa e che invece significa separare, discernere, scegliere. La crisi è un'opportunità, non una sconfitta. Per questo la mia amica Ada interpreta le difficoltà e le sofferenze di questo momento storico come quelle del travaglio e del parto. Il parto per far nascere un uomo nuovo, un'umanità nuova, ed è impossibile pretendere che un simile cambiamento epocale, una tale rivoluzionaria trasformazione, possa avvenire senza dolore. Comprendo ciò che pensa la mia amica ma non riesco ad affrancarmi dal contingente. Dagli esiti materici di questa fase necessaria. Dal dolore del singolo essere vivente, del singolo individuo. Dallo strazio di chi soffre. Ché ogni vita vale e fatico ad accettare il prezzo pagato soprattutto dai deboli. Soffro nel constatare un giorno via l'altro le violenze, gli abusi, il disprezzo. Lo stupro metodico e contabilizzato della vita in ogni sua manifestazione. A vedere le acque avvelenate, le terre contaminate, la sete, la fame, il commercio e lo sterminio di esseri viventi, l'avidità che nulla riconosce se non se stessa. Come se intorno al mio corpo premesse l'intera umana condizione. L'intera sofferenza del vivente.

E ora, più che mai, ora che siamo costretti al distanziamento per cura e tutela nostra e del prossimo, ora che in pochi persino arricchisce a dismisura e specula sull'ennesima tragedia mentre i più, e tanti tra essi che si sentivano al sicuro, protetti da qualsiasi rovina, sono destinati a scivolare inesorabilmente verso il basso, ora che è chiaro che il peggio dobbiamo ancora vederlo in termini di derive sociali, disordini, nuove povertà ed emarginazioni, proprio ora, quali possono essere le soluzioni per non essere travolti?

C'è chi dice una casa in campagna con orto, un pozzo, libri e galline. Isolarsi come ultima ratio? C'è chi dice scendere in piazza, manifestare. Isolarsi versus dimostrare. Entrambe le soluzione però favoriscono il mantenimento dello status quo. Ripiegarsi sul privato, aumentare il distanziamento che da fisico diviene sociale, forse è ciò cui ambiscono i poteri forti perché facilita il mantenimento dell'ordine in un'epoca in cui i motivi di contestazione abbondano. Manifestare pacificamente, cercare il dialogo, sperare in un confronto intelligente e costruttivo risulta impossibile. La rabbia s'insinua, scontento, frustrazione, rivalità si mescolano. Diventa indistinguibile il buon intento dallo sfogo dell'istinto a distruggere ciò che non si capisce e contro cui ci si sente impotenti. Tutti in egual misura coloro che scendono per le strade vengono atterrati, arrestati, messi a tacere. Non si può andare per il sottile. È la massa che agisce e si muove e non si ha tempo per considerarla composta da individui, va solo fermata e domata. Quindi anche manifestare favorisce il mantenimento dello stauts quo e fornisce inoltre materiale per certa manipolazione mediatica legata al discorso della sicurezza in cambio dell'acquiescenza. Se isolarsi non serve, se rivendicare diritti nemmeno, ci troviamo dunque di fronte a un impasse?

In questa terra attraversata dal morbo dello scontento, da un'epidemia che contrappone negazionisti a pecore, come dai primi vengono definiti coloro che, oltre ad adottare doverosi prudenza e rispetto, sottostanno a norme di precauzione che una qualsiasi massaia dotata di buon senso detterebbe migliori e maggiormente efficaci, in cui strategie mafiose di accaparramento di posizioni di potere, malagestione fraudolenta, provate malversazioni, corruzione, spianano la strada a incompetenza, ladrocinii, e giocano senza il minimo sussulto etico con le vite del prossimo, andrebbero senza processo puniti con lavori forzati in miniera, questa terra in cui agli attentati quotidiani (Camerun, Francia, Afghanistan, Pakistan, Austria, gli ultimi in ordine di tempo) si aggiunge l'incapacità di capi di Stato a far scendere i toni, penso alla Francia nei confronti della Turchia di un Erdogan che, oltre a tutto il resto che già sappiamo, non esita a dare la propria benedizione all'estremismo, ecco, mi chiedo, in questa terra messa così, veramente allora l'ultima ratio resta sperare che si tratti di un travaglio non troppo lungo e che il bambino non nasca morto?

  

   

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