Un chemin de croix - Bernard Biancarelli

Bernard Biancarelli se jette à l’eau et donne une nouvelle écrite un dimanche de Pâques… en pensant à la solitude et au maquis.

  

  

Un chemin de croix

 

Les deux hommes marchaient lentement, l’un derrière l’autre. Chacun chargé d’un ballot noué en travers du dos et d’une musette garnie, ils avançaient courbés par l’effort en direction de la crête. Pas un mot ne les liait, juste le souffle de leur respiration. On entendait aussi le bruit lourd des godillots quand ils écrasaient le sol. Il lui sembla qu’ils étaient devenus aussi laborieux dans leur démarche que les tortues. À ceci près que les tortues ne se suivent pas et qu’elles ne suivent aucun chemin. Il grimaça, sans que lui-même ne puisse dire si c’était parce que cette pensée le faisait sourire malgré tout ou bien parce que son corps commençait à refuser l’épuisante marche, et à regimber face aux excentricités de son imagination.

Le maquis les enveloppait parfaitement. Le petit chemin caillouteux ne se distinguait guère de celui qu’empruntent habituellement les sangliers. Au mieux était-il une trouée de quelques mètres, zigzagant entre les arbustes et les épineux, au pire offrait-il aux deux hommes une multitude de choix tout aussi improbables les uns que les autres et qui menaçaient en permanence de les perdre. Choisir une impasse et devoir rebrousser chemin au bout de plusieurs minutes de combat contre les branches entremêlées, hostiles à l’aller comme au retour, les épuisaient. Chaque pas coûtait et chaque pas qui les avait éloignés de leur but, les marquait cruellement.

Pas un juron ne s’échappait alors de leur bouche. Le silence était aussi vital que d’atteindre la crête. Ne pas se faire entendre, ne pas parler, ne pas perdre une miette des sons habituels du maquis pour pouvoir repérer celui, inhabituel, qui aurait trahi une présence humaine : berger, spia, gendarme…

Une branche cassée, un caillou qui roule, un merle qui s’enfuit en piaillant, un geai qui soudain se tait… Chaque bruit était signe et alerte. Les leurs devaient être étouffés, espacés, moins nombreux. Ils marchaient donc très lentement, choisissant avec soin l’endroit où poser le pied, courbant l’échine pour se glisser sous la branche en travers du chemin, se faufilant entre deux troncs jumeaux. Le poids de leur fardeau, les fusils qui dépassaient au dessus de leurs têtes les obligeaient à plus de contorsions encore lorsque le maquis devenait très dense. La côte impérieuse et qui n’en finissait plus érodait inexorablement leur moral.

Épuisé physiquement, le second homme s’arrêta pour s’appuyer quelques instants en équilibre sur un rocher en marge du sentier. Il souffla longuement tandis que son jeune frère continuait d’avancer, lentement, à pas comptés, à la façon d’une bête de somme.

Il l’appela doucement : « Sebastianu… Sebastianu… ». Le jeune homme ne se retourna pas, comme s’il n’avait rien entendu. Entendant la voix, le chien qui marchait en tête depuis le début, s’arrêta et revint sur ses pas en battant de la queue. Il croisa Sebastianu qui ne fit pas plus cas de lui que de l’appel de son compagnon d’infortune, tout absorbé qu’il était par sa marche reptilienne : il se hisserait doucement, avec constance, vers la crête, sans se laisser arrêter par la mort elle-même. Le bleu du ciel, limpide en ce mois de janvier glacial, signalait le col et l’attirait tout autant qu’il fuyait tout ce qui derrière-lui l’avait meurtri. Rien ne pourrait plus le dévier de son but.

« Sebastianu, je me suis tordu la cheville, je m’arrête un peu… »

Comme il voyait la silhouette s’éloigner et disparaître insensiblement sous les frondaisons, il se dit qu’il le rattraperait plus loin, au bord de la rivière, lorsque l’on redescend de la crête et que l’on s’arrête pour se rafraîchir.  L’affaire d’une petite demi-heure. Ils en profiteraient pour ouvrir leurs musettes et se restaurer. Avec le tumulte des flots, ils pourraient parler à voix basse sans risque d’être repérés, et Bruscu habitué à monter la garde sans aboyer viendrait les prévenir en cas de danger.

Bruscu justement, venait de le rejoindre au lieu de précéder ses maîtres de quelques dizaines de mètres comme il avait été dressé à le faire. Il s’étonna de cela sans s’alarmer. Le chien avait-il compris qu’il fallait attendre et protéger le trainard en difficulté ? Il se rassura à cette pensée, sans pour autant effacer totalement une crainte informulée. Il se reposait, assis maintenant sur la roche émergée du sol, en lisière du chemin, son barda à ses pieds, le fusil sur les genoux. Il avait empoigné son fameux « hammerless » qu’il ne quittait jamais. Celui qui l’avait aidé tant de fois à impressionner les villageois, qui l’avait sauvé des gendarmes et tué ses ennemis. Combien de fois lui avait-il sauvé la mise ? Pourtant, aujourd’hui, c’est à son poids qu’il pensait. Quatre ou cinq kilos se dit-il. Combien il serait plus léger et plus agile sans celui-ci. Fugitif, il ne pouvait errer en toute liberté, il était condamné à porter sur lui en permanence pistolet, couteau, lampe, cartouches et cet impossible « meilleur ami du bandit », ce fusil à longue portée, à cartouches spéciales, à percussion centrale, seul capable de maintenir à distance respectable ses poursuivants. Sa puissance, sa précision et sa fiabilité constituaient depuis le début la meilleure des défenses. Mais aujourd’hui, il le haïssait autant qu’il l’avait chéri. Il n’en pouvait plus de sa raideur, de son poids, de son aspect froid et lugubre. Il l’aurait bien laissé là, sur le bord du chemin. Il aurait même laissé sa musette, son barda, ses vêtements, ses chaussures, son chapeau pour s’envoler, loin d’ici, loin de lui-même.

Il expira profondément de découragement comme pour chasser ces pensées inutiles et se releva, malgré tout, lentement. Il ceignit sa carchera et glissa le revolver contre son abdomen, puis il remit sa lourde veste de velours, empoigna son ballot qu’il fixa à nouveau sur le dos, enfila la lanière de sa besace autour de son épaule, attrapa la bandoulière du fusil et la cala sur l’autre épaule, mit enfin son chapeau à bord plat, souffla à nouveau un grand coup, ce qui fit sursauter le chien, et il se remit en marche en direction de la crête.

Il boitait légèrement, mais ne s’en souciait guère. Ses pas lourds le conduisaient comme ils l’avaient toujours fait, vers son destin. Et pour l’instant, celui-ci se résumait à atteindre ce maudit col.

Il fut étonné d’y arriver si vite. Le regain de force qu’il avait accumulée en s’arrêtant quelques dizaines de minutes, l’avait comme propulsé là-haut sans qu’il ne s’en aperçoive. C’est du moins ce qu’il pensa. Heureux de voir un peu d’horizon, il contempla le nouveau vallon qui plongeait devant lui.  Le vent glacial embuait ses yeux, mais il n’y prêta aucune attention. Il fit coucher Bruscu à ses pieds,  s’accroupit pour ne pas être vu et il profita de sa situation dominante pour scruter longuement, de ses jumelles, tous les recoins du maquis, et particulièrement ceux qu’il devait bientôt emprunter. Il n’y vit rien de suspect. Il reprit sa route, les sens en alerte.

Descendre n’est pas plus facile que remonter dans le maquis. La rocaille sur laquelle on pose son pied s’échappe et roule beaucoup plus facilement, l’équilibre est plus précaire et le poids de la chute brise plus sûrement les branches que lorsque l’on grimpe. Les  chevilles et les genoux qui doivent amortir le poids et maintenir le corps droit à chaque pas souffrent et menacent de rompre à tout moment. Il se dit qu’il devait être plus attentif encore, il n’avait plus confiance en sa cheville et il savait que son lourd corps fourbu ne se rattraperait pas en cas de déséquilibre. L’accablement le saisit à nouveau quelques enjambées seulement après le col, alors qu’à nouveau le maquis se resserrait autour de lui.

La rivière, il l’entendit gronder de plus en plus fort. Il ne la vit que lorsqu’il n’était qu’à quelques mètres, entre les énormes hêtres qui la surplombaient, puissants mais totalement décharnés. L’hiver n’avait rien cédé de son empire, bien au contraire, et c’était bien la seule journée depuis longtemps où le soleil arrivait à s’imposer. Il s’approcha précautionneusement, pointant son fusil, prêt à toute éventualité. Bruscu n’avait pas bronché et cela l’avait inquiété. Ordinairement, il aurait dû s’avancer jusqu’à Sebastianu et revenir en battant de la queue. Son apparente indifférence le troubla. Il ne comprenait pas. S’il était arrivé quelque chose à Sebastianu, il en aurait immédiatement eu l’écho, car du fond la vallée seraient remontés à lui, injonctions, cris et encore mieux, coups de feu. Il n’avait rien entendu et le comportement du chien ne lui disait rien qui vaille. Courbé, le fusil en avant, il s’approcha du gué, tendant l’oreille au milieu du fracas des eaux dévalant depuis hauteurs enneigées.

Lorsqu’il aperçut les objets déposés sur le tronc couché permettant le franchissement du gué, il pensa d’abord que Sebastianu s’était éloigné quelque peu pour une raison ou une autre. Il s’approcha, anxieux, et découvrit, bien en évidence, une boite de cartouches, les allumettes, le pain, le fromage et le lard fumé de Sebastianu. Il y avait aussi son poignard et son pistolet. Il comprit instantanément et s’assit à même le sol, en proie au vertige…

Plusieurs heures passèrent sans qu’il ne pût esquisser le moindre mouvement. Les remous des flots en furie en leur incessant tumulte l’enveloppaient et le berçaient désormais. Avec eux, il sentait son fluide vital s’échapper. Désormais seul, il devrait trouver plus de force encore pour résister. Et il n’en avait plus... il se sentit lourd, définitivement engoncé dans la terre comme le rocher sur la berge devant lui. Il eut le sentiment que désormais, seuls ses yeux affleuraient de l’humus. Ils fixaient le doux balancement de la canopée, comme ceux d’un mort.

Le soleil s’effaçant derrière la crête au ponant, le froid commença à le recouvrir et même le chien se mit à grelotter. Il n’était pas devenu racine…

Il décida alors de revenir sur ses pas.

***

Il demeura calfeutré dans le fond de la grotte les jours qui suivirent. Il ne craignait pas que Sebastianu dévoile son repaire lors de sa reddition, et il n’avait plus le sentiment de devoir se tapir comme une bête traquée. Personne ne l’avait trouvé jusqu’alors et personne ne le pourrait jamais. Non, il ne pouvait simplement se résoudre à affronter le monde, quand bien même le sien n’était plus constitué que de rocs, de végétaux et d’animaux inoffensifs. L’obscurité, le froid, la faim et la soif auraient raison de sa vie maudite, pensait-il. Il ne voulait pas que les hommes se saisissent jamais de sa dépouille et il désirait l’ensevelir, ici-même, dans la grotte de la Serra di a Contessa.

Il se défiait surtout de la lumière qui aurait révélé à ses propres yeux toute sa déchéance. Il n’était plus rien et ne voulait plus être rien. Sa vie même n’avait rien été. « Tuer, mourir, chacun son tour… Rien n’y fera. ». Il gisait tout le jour sur le matelas d’asphodèles secs, immobile…

Il sortit enfin à la nuit, malgré le froid, hagard. Le pain de Sebastianu qu’il n’avait pu toucher jusqu’alors le tenta et il le grignota avidement. Il suçota une légère tranche de lard aussi, qui lui fit venir la salive à la bouche. Il grogna. Il partagea un bout avec Bruscu qui, jusqu’à ce jour, avait profité parcimonieusement des provisions sans geindre une seule fois. La lune était à son apogée, elle éclairait le maquis laissant les ombres dessiner une fantasmagorie délirante. Il voyait tout un monde s’agiter de ses yeux enfiévrés. Il se surprit à avoir peur et rentra subitement dans la grotte. Il récita une prière propitiatoire. Il désirait confusément libérer son esprit des sombres volutes qui l’obscurcissaient en permanence. Oui il avait tué, oui il avait vécu sans foi ni loi, oui il payait ses fautes et il méritait sans doute son sort. Mais, il ne savait pas pourquoi, ni comment tout cela était arrivé. Pourquoi le ciel s’était à ce point tourné contre lui… Il s’était senti un homme parmi les hommes jusqu’à ce premier meurtre. Il ignorait aujourd’hui s’il s’était laissé emporter, s’il avait répondu à l’offense ou s’il avait été lui-même profondément mauvais et programmé par le destin pour tuer. Il s’aperçut que les pensées remontaient à la surface et qu’elles s’agrégeaient désormais dans le désordre. Elles se collaient frénétiquement les unes aux autres et revenaient sans cesse. Il s’étendit de tout son long et observa le plafond rocheux… Là encore dansaient les figures improbables, ni humaines, ni animales elles bougeaient sans cesse. Il ferma les yeux et s’aperçut que les figures dansaient encore sous ses paupières. Il rugit et se rua dehors.

 

***

Nu, comu Cristu, il errait désormais toutes les nuits dans l’épais maquis, rampant, grognant, buvant dans le creux de sa main l’eau de la source. Il retrouva, pendus à quelques lacets qu’ils avaient placés avec Sebastianu, des merles et des grives qui commençaient à sentir la charogne. Il les dévora, prenant tout juste la peine de les débarrasser de quelques plumes pour planter ses crocs. Les yeux caves, la bouche crevassée derrière une barbe filochant, débarrassé de ses hardes d’humain, il sentit son corps réinvesti par sève animale. Il ne se traînait plus. Il guettait des heures entières le renard pour lui dérober ses proies et se régalait des baies carillonnantes de l’arbousier.

Le printemps arrivant, il se mit à sortir aussi le jour. Le cycle naturel du jour et de la nuit n’avait plus d’importance. Il se calait des heures entières dans les arbres, éprouvait son équilibre, plongeait dans la rivière et mangeait crues les truites qu’il réussissait à attraper.

Il évitait soigneusement les hommes et leurs troupeaux. Un jour cependant, il fut découvert par un berger à la recherche de ses chèvres parturientes à l’écart. L’homme le remarqua d’assez loin pour ne pas l’effaroucher. Repoussé par la nudité et la saleté de l’homme, il se tint éloigné. Ils s’observèrent longuement, puis il lui parla, mais il lui sembla que l’homme ne comprenait plus aucune langue. Il lui laissa sur le bord du sentier son spuntinu du jour, un oignon cru, une tranche de pain frais et du fromage. Alors, il s’en fut raconter qu’il avait aperçu vivant le bandit que l’on croyait mort depuis des semaines, ce que Sebastianu avait affirmé aux gendarmes, mais qu’il aurait mieux valu pour lui qu’il le fut véritablement.

***

Le printemps arriva en force. L’homme accomplissait chaque jour une errance plus longue et plus périlleuse. Ce jour-là, il s’approcha des maisons du village en bas dans la vallée et observa longuement, du haut d’un rocher dominant, les villageois tout à leurs occupations. Les uns et les autres s’affairaient grandement, certains autour du sépulcre. Dès ce soir, on célébrerait la passion du Christ. Il rentra, épouvanté jusqu’à sa grotte. Il demeura à nouveau jusqu’au soir immobile, pétrifié, obsédé.

La nuit venue, il se leva, attrapa un linge et s’en ceignit la taille. Il se fraya un chemin à tâtons dans les ténèbres jusqu’aux abords du village. Il attendit que les confrères sortent sur le parvis de l’église, précédant la procession. Il comprit soudainement ce qui l’avait poussé ici. Il se saisit d’une énorme souche qu’il hissa et cala sur son épaule. Il commença à marcher dans le maquis, à l’aveugle, titubant, ses pieds nus heurtant les roches qu’il ne pouvait distinguer. Il psalmodiait des prières apprises lorsqu’il était enfant. Il déambula ainsi à grand peine, pantin courbé et bossu, plus d’une heure durant, sans la moindre plainte, dans l’entrelacement des branches et la rocaille, les pieds ensanglantés, jusqu’à ce qu’il ait compté treize chutes, tel le Christ.

Tout le village entendit, à ce moment-là, lorsqu’il mourut à lui-même, le hurlement bestial sorti de ses poumons enflammés. L’étonnement, l’indignation, la colère même,  coururent parmi l’assemblée des  hommes et des femmes en prière. Quelques uns seulement eurent pitié. La nuit se referma définitivement sur l’homme, exténué, blessé, qui demeura les bras en croix jusqu’au petit matin.

***

L’homme descend lentement la côte. Il est habillé, lavé, rasé et souriant. Son allure, frêle et fragile, et son immense crucifix autour du cou le font ressembler à un moine quêteur. Il avance pas à pas, semblant savourer chaque instant de la vie. Le maquis en fleur embaume et il lui semble respirer pleinement pour la première fois dans sa vie. Il est une créature, un oiseau, un cheval, un homme… Bruscu, qui a compris, ne le précède plus, il le suit en remuant la queue, lui aussi gagné par l’euphorie.

L’homme ne sent plus le poids de la vie : ni ses crimes, ni sa peur, ni son orgueil ne le freinent plus. Il pense que ce moment devrait durer le plus longtemps possible et pourtant il mène un bon rythme, accélérant même. Il vit dans l’urgence de sa nouvelle vie. Il court maintenant et ne remarque même pas la rivière qu’il vient de franchir, en dandinant sur le tronc couché en travers. Il progresse du fond du vallon jusqu’à un autre col, puis franchit à nouveau un, deux, trois vallons. Il atteint enfin le Pinsalonu d’où l’on aperçoit le village. Il plonge vers les habitations, sans halte. Il ne sent ni ses pieds, ni son corps galoper, seul le battement du crucifix géant sur sa poitrine.

Il arrive devant la première maison du village, par le chemin qu’il connait si bien depuis sa plus tendre enfance. Dans la courette, il appelle : « Maman ! Papa ! ». Il entend le loquet se soulever. La lourde porte de châtaignier pivote : « Mon fils… ».

« Je vais me coucher, dit-il après les avoir embrassés chacun longuement. Je suis fatigué, je suis libre, j’ai payé ». Il monte le petit escalier de bois qui mène à une chambre, il s’allonge sur le lit, tel un mort, les mains croisées sur la poitrine qui serrent le crucifix. Il regarde le plafond et attend.

***

« Mon fils est chez nous, dans la chambre du haut, vous pouvez venir… il n’est pas armé. Ne le tuez pas. Il n’est plus le même homme…

     — Et qui va le croire ?! »

    

   

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