Trois poèmes - Jimmy Blue

Jimmy Blue, en deux cris de rage et un chant d’amour, en appelle aux consciences…

  

  

Ce paysage

 

 

Mon regard s'éparpille dans ce paysage

Cet horizon me questionne de bout en bout

L'écume des vagues qui jaillit avec fracas

Me laisse déceler la force de l'océan

J'aime y revenir près de cette mer

Blotti contre ce sable chaud

Ce ciel bleu m'appelle

Sur cette plage qui sublime les esprits

 

 

Comment y rester insensible

À ce désir d'ailleurs

J'envie ces bateaux qui voguent au loin

Qui dansent inlassablement avec les vagues

 

 

Ce paysage m'invite à l'évasion

Rien que d'y voir ces oiseaux

S’accommoder de cette brise

 Frise l'envie chez moi

De voler à mon tour

En attendant que mes ailes poussent

Je nage entre ciel et mer

Et laisse derrière moi

Ce progrès insensé

 

 

Ce paysage est mon refuge

Il est un lieu précieux

Où je n'ai plus peur de vivre

Il est mon temple

Qui m'initie à la contemplation

 

 

Un jour je ne ferai qu'un

Avec ce banc de sable

Je retournerai poussière

Virevoltant dans cette brise marine

Qui caresse ma sensibilité

De me dire qu'un jour

Je reposerai dans

Ce paysage pour l'éternité

 

 

Le confinement

 

Pendant ce confinement délaissant le pop-corn et le coca-cola

Pour (re)lire du Émile Zola ce temps finalement

Nous amène à affiner nos esprits Et ainsi repenser le monde

Car notre mutisme a eu raison des chants d'oiseaux

Que nos enfants ne connaitront plus, confinés nous l'avons toujours été

D'une servitude volontaire au capitalisme effréné le venin de cette société dont nous sommes tous

Des vaccins en puissance ce temps laisse aller la réflexion

Qui désavoue les politiques d'agir pour l'intérêt général

Car la société civile trouve les solutions tandis qu'ils entretiennent les problèmes

En vue d'élections dont ils sont les prestidigitateurs

Dans le cadre de cette politique spectacle, pitoyable gouvernement de Kaamelot

Dont le vivre-ensemble semble être l'obstacle de leur projet de dissension

Le vote dites-moi, ce bout de papier qui disparaît dans une boîte

Comme nos voix qui tombent dans l'oubli, avec pour seul motif d'avoir misé

Sur le mauvais cheval, muselant en silence toutes nos libertés d'actions collectives

Oui cette illusion a de beaux jours devant elle que le vote soit blanc ou non

Quel que soit notre bord politique  a-t-on vraiment envie

De transformer cette planète en un immense centre commercial

Avec le parking qui va avec pour parquer une morale au rabais

Friande de Nutella et de Black Friday  Loin des ateliers de misère du Rana plaza

En France on trouve plus de masques à Halloween qu'en cette période de pandémie

L'heure est à l'organisation pour faire abdiquer ces politiciens irresponsables

Qui nous renvoie à la solidarité nationale, eux qui ont  tant fustigé le service public

À grand coup de matraques, de balles LBD, de bombes lacrymogènes

Et autres propagandes médiatiques demeurent désormais sceptiques

Quand au revers du confinement, puisque nous payons plus d'impôts

Que les multinationales, pourtant on nous fait croire qu'elles sont indispensables

À notre bonheur tandis que leur philanthropie insidieuse se frotte les mains en période de crise

Maquillant le retrait de l'État qu'elles comptent volontiers remplacer tout ça grâce à nos impôts

La part de la valeur ajoutée qu'on nous laisse pour mieux nous la reprendre

Sous formes de diverses taxes, et autres fonds, sensés ruisseler mais qui visiblement

Se heurtent à l'appât du gain sans limite du néo-libéralisme

Mais ne vous inquiétez pas tout va bien, bientôt ce cirque existentiel reprendra

Avec ses artifices propre à cette société, ce grand manège de la consommation

À nouveau il y aura du pop-corn et du coca-cola sous une pluie de feux d'artifices

Illustrant cette joie éphémère qui fige notre existence  sous-vide

Alors qu'unique nous le sommes déjà, quand nous formons un tout pluriel

En nous interpellant sur ce pouvoir d'insurrection qui nous incombe

D'avoir délégué au capitalisme le soin de dessiner les traits de notre humanité

Dorénavant victime d'un portrait insipide, d'une modernité aliénante aux accents totalitaire

Dessinons ensemble les contours de cette nature humaine, dénaturée par l'intérêt individuel

Faisant notre cette volonté qu'un jour prochain ici comme là-bas

Nous porterons ensemble sur le monde un regard éveillé comme rendez-vous historique

D'être les gardiens temporaires de cette maison commune, comme planète

D'entretenir, ses fondations comme étant le seul avenir qui prévaut

De respecter et craindre ces montagnes et ces lagunes comme seul et unique Dieu

 

 

Victime collatérale 

 

Je vis  sur ce trottoir confiné dehors

Pourtant je dois prouver mon exclusion par une attestation

Toute cette paperasse me lasse de cette société où les dés sont pipés d'avance

Ce canevas sociétal où certains s'empiffrent et les autres crèvent la dalle

Si on est en temps de guerre je suis une victime collatérale

Oubliés sur le champ de bataille laissé-pour-compte

Comme chair à canon, voir un animal de laboratoire

Dans cette cage qu'est cette ville vide

Tester si ce virus est bien ou non fatal

Restez chez vous sauvez soi-disant des vies, surtout les vôtres

Pour mieux fermer les yeux sur celles qui s'éteignent dehors

Je ne vous en veux pas j'ai l'habitude à chaque fête de fin d'année

C'est pareil les enfants vénèrent un père noël

Alors que nous le représentons 

À vivre dehors ou dans une cabane de fortune

Pour ne pas qu'on nous infortune

Riches d'histoires et d'aventures, fier de notre liberté

Voguant au gré du vent aux quatre coins du pays si ce n'est du monde

Nous sommes les pères noël tombé du traineau,

Fouetté par le froid glacial de l'indifférence

Ces rues m'appartiennent elles habitent mon regard

Moi le cafard qui erre sur vos trottoirs qui me possède par ce bout de papier

Qui atteste mon échec

D'être un nuisible qu'on gaze à coup d'insecticide par la police

Qui n'a pas besoin de se cacher derrière un masque pour voir

qu'elle s'en donne à cœur joie de matraquer et gazer à bout portant des démunis

D'où elles tirent ce sentiment de puissance encouragé par un État qui desserre leurs laisses

À l'ombre de vos regards 

Je m'y suis déjà préparé à la fin du monde car le mien s'est écroulé

Il y a de ça quelques temps où un beau matin

Les poches vides vous vous apercevez que demain sera un autre jour

Je suis telle la gargouille au pied de cet immeuble à attendre

Que s'abatte ce château de cartes qu'est cette civilisation

Gagné par la folie de l'accumulation de papier et de faux-semblants

 

Nous sommes en guerre et les masques et munitions brillent par leur absence

Ce président a l'art de planter le décor pour mieux se cacher derrière le rideau

Par sa verve pernicieuse qui n'a d'égal que son irréalisme pédant

Nous sommes en guerre et même si ma vie ne vaut rien

Je ne suis pas préparé à mourir

   

    

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