Quarantena - Federico Pedazzini

La quarantaine est une épreuve plus grande encore pour les couples dysharmonieux. Il faut pourtant pas grand-chose... une nouvelle de Federico Pedazzini. Traduction française à la suite.

  

  

Avertissement : Cette nouvelle est publiée dans le cadre d’un partenariat entre le Decamerone 2020 Scrittori alla finestra initié par Gianmarco Parodi en Italie. Ce projet littéraire participatif réunissant 35 auteurs et dont les benéfices iront à Protection civile italienne est joignable ici : http://www.proimmagine.it/decameron2020/

 

 

QUARANTENA

 

"Io esco, vado a fare un poco di spesa”

“Fai quello che vuoi...”

Questi giorni di quarantena proprio non ci volevano, io e mia moglie facciamo vite troppo diverse, quasi non ci salutiamo quando siamo nella normalità, figurarsi se ci costringono a vivere sempre vicini, e questo virus lo sta facendo, ci sta costringendo.

Torno dal supermercato, poso il sacchetto e prelevo i pochi alimenti acquistati per lavarli.

Peperoni e pomodori: li metto in un contenitore con un poco di bicarbonato, poi apro l’acqua, mi lavo accuratamente le mani con il sapone e mi dedico alla pulizia degli alimenti. Li sfrego, li cerco di pulire al meglio e li metto ad asciugare in un canovaccio.

Mia moglie mi guarda con disappunto.

“Ma devi per forza lasciare l’acqua a scorrere mentre lavi?”

Io non rispondo, non le rispondo più. Tanto vuole sempre avere ragione lei. Non le dico che la quantità di acqua che faccio scorrere è decisamente inferiore a quella che quotidianamente usa per farsi il bagno tutti i pomeriggi, dopo aver passato l’aspirapolvere per casa.

Finisco di asciugare, metto gli alimenti in frigorifero e apparecchio tavola; almeno questo me lo fa fare. Come al solito mangiamo diversamente. Lei è diventata Green, si è preparata Kamut con cipolle, io non digerisco le cipolle crude e quindi mi ha preparato un piatto di pasta in bianco.

E’ arrabbiata, sempre arrabbiata. Non trova più sopportabile la mia vicinanza, lo vedo. Se dobbiamo stare insieme nella stessa stanza, e questo virus ci sta costringendo a farlo, si mette a fare cose che sono anche inutili.

“Ma non hai passato l’aspirapolvere ieri? Non mi sembra che in due facciamo tanta polvere. E lo straccio in terra? Lo hai passato stamattina, io giro in pantofole, potresti rilassarti, leggere, potremmo guardare un film”.

Niente. Non risponde e continua nella sua maniacale routine, sono 6 giorni che continua, da quando siamo chiusi in casa.

Sono le 5 del pomeriggio. Lei è in bagno, si è infilata nella vasca. Io ora non ce la faccio più.

Ho deciso!

Il pavimento è di nuovo asciutto, posso finalmente alzarmi dal divano. Mi dirigo verso il bagno, busso alla porta ed entro. Lei è nella vasca, i capelli bagnati ma non ancora insaponati. Mi lavo le mani, mi dirigo verso il cesto della biancheria e prendo un asciugamano, messo lì da lavare stamattina.

Lei mi guarda e non dice niente, con i suoi occhi segue i miei gesti con uno sguardo di pietra.

Mi avvicino a lei, lascio cadere l’asciugamano ai miei piedi e mi inginocchio lentamente a causa del mio mal di schiena.

Lei non fa in tempo a chiedere che le mie mani si riempiono di shampoo e cominciano a massaggiarle la cute. Un massaggio lento. Inizialmente tenta di ribellarsi ma poi capisce che la cosa le fa piacere. Le passo le mani tra i capelli lunghi e, lentamente, le sciolgo tutti i nodi che si formano a causa dei folti ricci. Poi, facendo attenzione che l’acqua non sia troppo bollente, la faccio scorrere premurandomi che ogni traccia di schiuma non sia più presente.

Un’ultima passata sulle spalle con le mie mani e poi...

Mi alzo, raccolgo l’asciugamano e lo ripongo nuovamente nel cesto. Torno sul mio divano a leggere.

Sento la porta del bagno aprirsi, sento movimenti in camera da letto e poi in cucina.

Alle 19 si presenta a me. Ha in mano un vassoio con qualcosa dentro.

“Ho preparato della pizza con i pomodori che hai comprato. Ho usato la farina di Kamut ma non ho messo cipolla. Vuoi assaggiarla?” Così dicendo si siede accanto a me e mi porge il vassoio.

Io mi alzo di corsa e corro via. Dopo pochi istanti ritorno con due bicchieri e una bottiglia a temperatura di cantina di ottimo “Pigato superiore del 2017”.

“Per assaporare la tua pizza penso sia necessario abbinarla ad un ottimo vino”.

Continuiamo così a bere e mangiare pizza per l’intera serata. Le faccio ascoltare un post di Angelo Branduardi che, per rimanere insieme ai suoi iscritti, ha fatto un video in casa in cui suona un bellissimo pezzo alla chitarra. Lei poggia la sua testa sulla mia spalla e ascoltiamo.

 

 

Federico Pedazzini

Tecnico elettronico appassionato di viaggi nel mondo. Ora alla ricerca di passioni nel proprio mondo interiore.

 

 

 

QUARANTAINE

 

 

« Je sors, je vais faire quelques courses.

— Fais ce que tu veux… »

Ces jours de quarantaine ne nous ont simplement pas profité, ma femme et moi vivons des vies trop différentes, c’est à peine si nous nous disons bonjour en temps normal, alors imaginez si on nous oblige à vivre en permanence côte à côte… et ce virus justement le fait, il nous y oblige.

Je reviens du supermarché ; je pose le sac et sors les victuailles achetées pour les laver.

Poivrons et tomates : je les mets dans un bac avec un peu de bicarbonate, puis j’ouvre l’eau, je me lave méticuleusement les mains avec du savon et je m’emploie au nettoyage des légumes. Je les frotte et essaie de les nettoyer au mieux ; puis je les mets à sécher dans un torchon.

Ma femme me regarde avec désapprobation.

«  Tu dois vraiment laisser couler l’eau pendant que tu les laves ? »

Je ne réponds pas. Je ne lui réponds plus. Elle veut toujours avoir raison. Je ne lui dis pas que la quantité d’eau que je laisse couler est très largement inférieure à celle que, quotidiennement, elle utilise pour prendre son bain tous les après-midis, après avoir passé l’aspirateur dans la maison.

Je finis d’essuyer, mets les aliments dans le réfrigérateur et je dresse la table. Ça au moins elle me le laisse faire. Comme d’habitude nous mangeons différemment. Elle est devenue Green, elle s’est préparé du Kamut avec des oignons ; moi, je ne digère pas les oignons crus et je me suis donc préparé un simple plat de pâtes.

Elle est énervée, toujours énervée. Elle ne supporte plus ma présence, je le vois. Si nous devons rester ensemble dans la même pièce – et ce virus nous y oblige –, elle se met à faire des choses même inutiles.

« Mais tu n’as pas déjà passé l’aspirateur hier ? Je ne crois pas qu’à deux nous fassions tant de poussière que cela. Et la serpillère par terre ? Tu l’as passée ce matin, je traine en pantoufle, tu pourrais te relaxer, lire, nous pourrions regarder un film ».

Rien. Elle ne répond pas et continue sa routine maniaque, cela fait six jours que cela dure, depuis que nous sommes enfermés à la maison.

Il est 5 heures de l’après-midi. Elle est dans la salle de bain ; elle s’est glissée dans la baignoire. J’en ai marre.

C’est décidé !

Le carrelage est maintenant sec, je peux enfin me lever du divan. Je me dirige vers la salle de bain, frappe à la porte et entre. Elle, dans la baignoire, les cheveux mouillés mais pas encore shampouinés. Je me lave les mains, me dirige vers le panier à linge et prends une petite serviette mise à laver ce matin.

Elle me regarde et ne dit rien, elle suit mes gestes d’un regard de pierre.

Je me rapproche d’elle, laisse tomber la serviette à mes pieds et m’agenouille lentement à cause de mon mal de dos.

Elle n’a pas le temps d’ouvrir la bouche pour demander que mes mains se remplissent de shampoing et commencent à lui masser la peau. Un massage lent. Au début elle tente de se rebeller, mais elle comprend vite que cela lui procure du plaisir. Je passe mes mains à travers ses longs cheveux et, lentement, je défaits tous les nœuds qui se forment à cause de ses boucles épaisses. Puis, faisant attention que l’eau ne soit pas bouillante, je la rince en faisant bien attention d’enlever toute trace de mousse.

Un dernier passage de mes mains sur ses épaules et puis…

Je me lève, je ramasse la serviette et la remets dans le panier à linge. Je retourne lire sur le divan.

J’entends la porte de la salle de bain s’ouvrir, j’entends des mouvements dans la chambre à coucher, puis dans la cuisine.

À dix-neuf heures, elle vient vers moi. Elle a un plateau à la main avec quelque chose dedans.

« J’ai préparé une pizza avec les tomates que tu as achetées. J’ai pris la farine Kamut mais je n’ai pas mis d’oignons. Tu veux la goûter ? ». Elle s’assoit à côté de moi tout en parlant et me tends le plateau.

Je me lève d’un coup et me précipite. En quelques instants, je suis de retour avec deux verres et une bouteille de Pigato supérieur, cuvée 2017, à température de cave.

« Pour donner plus de saveur à la pizza, je pense qu’il faut l’accompagner d’un excellent vin. »

Nous continuons ainsi à boire et à manger de la pizza toute la soirée. Je lui fais écouter un post d’Angelo Branduardi qui, pour demeurer proche de ses abonnés, a fait une vidéo à la maison où il joue un très beau morceau à la guitare.

Elle pose sa tête sur mon épaule et nous l’écoutons.

 

(Traduction Bernard Biancarelli)

 

 

Federico Pedazzini

est un technicien en électronique passionné de voyages lointains. Aujourd’hui, il est en recherche de passions dans son propre monde intérieur.

   

   

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