Cum'è un ponte / Un paradis - Franck Castellani

Franck Castellani, en corse et en français, ouvre les portes des lendemains, avec poésie, confiance et force.

  

  

      Cum’è un ponte           

  

S’è tù sì stanca à a notte
È ti senti fragile,
Seraghju à u to fiancu,
S’è qualche lacrime
Correnu ind’è i to ochji
Quandu i tempi stanu duri
L’asciuveraghju tutte.
                                                       

S’è ti trovi pè strada
Quandu a luna cala
Spessu cusì duramente
Cunsuleraghju a to mente
Feraghju mei i cuntrasti
È i to pinseri tamanti
Quandu l’oscurità cresce.
                                              

Cum’è un ponte furzutu
Sopr’à l’acqua furiosa
Cum’è una manu porta
À mezu à u mondu
Seraghju quì à luttà.

Canta surella d’argentu !
À l’aria nova u to atteu
Stà spizandu à sbrillà
È sò in viaghju avà
Tutte e to sunniature
Guarda cum’è sò l’alba,
L’orizonte bellu cù me.

 

Cum’è un ponte più forte
Sopr’à l’acqua furiosa
Cum’è un bellu fanale
Sopr’à a funesta timpesta
Firmeraghju quì à vighjà.

Franck Castellani

 

 

Un paradis

 

Un souffle ardent de brise

Caresse le maquis d’or,
S’écoule avec douceur

Et enlace la vallée ;
On dirait que le proche été

Sur la plaine va éclore
Et avec grâce, les fleurs

Enivrent ma pensée.

 

La source en chuchotant

S’enfuit en écumant,
Son langage émouvant

Tendrement me murmure
Un récital limpide,

Inlassable et touchant :
Plus qu’un chant intrépide,

C’est l’hymne à la Nature !

 

Vols bleus de passereaux,

Torrent argenté dans le flot ;
À cette heure charmante

Où la langueur s’impose,
Une abeille parfois se dépose

Parmi les âmes aimantes
Et poétise tranquille

Se sachant sûrement fragile.

 

Le regard plus apaisé

Comme de leurs jougs délivré,
Je vis auprès du châtaigner

Chérissant ces merveilles,
Acclamant en amer solitaire

Ces belles heures éphémères,
Cette clarté du soleil

Qui sur ma terre ruisselle.

 

Il neige alors du bonheur

Sur l’étendue bucolique

Et se dentelle le bois 

Comme mon cœur refleurit

Mirant ce décor qui flamboie ;

Ici, loin d’enfers iniques

Je me libère dans la clameur

Du confinement, inventant un paradis.

 

 

                                                                                  Franck Castellani

   

   

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