Paule Tomi - Le quintette du temps qui passe

  

La nostalgie de l’enfance, le temps qui passe et la vie qui se faufile entre les failles, une réflexion de Paule Tomi.

 

 

Le quintette du temps qui passe

  

Les années de milieu de vie seraient-elles celles où l’on se remémore le paradis de l’enfance, mais aussi où l’on fait le bilan du temps passé, de celui qui se projette devant soi ? L’avenir est encore là. Mais ce qui est l’âge d’homme pour le sexe masculin serait le temps de l’invisibilité pour la femme. 

Dans le déroulement des âges de la vie, seule la vieillesse fait peur, entrainant inéluctablement l’image spectrale de la mort. L’enfance, pour qui a grandi dans une ambiance heureuse, restera toujours comme un paradis éphémère. C’est l’univers des jeux, celui où les jours s’étirent à l’infini. Le temps est celui du moment présent, des fleurs et des papillons. L’enfant, arrache les pétales des marguerites, tout en égrenant une comptine. Il se crée dans sa tête un monde de fées et de dragons qui vont l’aider à grandir.  L’insolence de la jeunesse avec la mue de l’adolescence, va inciter à l’apparat, à la coquetterie, aux vanités, dont on n’a pas encore compris le caractère dérisoire. On pourrait y voir le reflet de Narcisse, mais la coquette ne se regarde pas dans la glace, mais dans le miroir des autres. Avec la maturité, vient le temps de la sagesse ; les ébullitions des émois passés s’apaisent.  La beauté se fait sereine, la pause alanguie. Un peu de mélancolie surgit à l’évocation des jours passés, mais cette mélancolie a encore le gout un peu sucré des plaisirs enfantins. 

Avec la vieillesse, l’usure du temps, c’est la figure de la mort qui surgit dans le ciel un peu sombre. Des personnes qu’on a aimées ne sont plus là que dans notre souvenir, dans les phrases qu’on leur prête. C’est aussi notre propre mort qui se dessine dans une ligne de fuite. Ainsi s’enfuit la vie humaine. Elle est encadrée par la loi humaine, la loi écrite, mais aussi par la loi naturelle qui précèderait l’homme, tout en lui étant inhérente. 

Dans cet ensemble se faufile une suite logique, mais l’élément manquant peut sembler le plus important, celui qu’on aurait aimé voir, celui à côté duquel on est passé, celui qui aurait éclairé notre regard. La place du manque est là, nous imposant son opacité silencieuse. La suite n’est pas finie et c’est aussi ce qui fait que l’on s’y attarde. 

   

   

Ce texte fait partie du compagnonnage mis en place entre Le Nouveau Décaméron 2022 et l’atelier d’écriture Racines de Ciel, animé par l’écrivaine Isabelle Miller, dans le cadre des activités littéraires du festival Racines de Ciel

Le thème choisi cette année était « Le musée imaginaire » articulé autour de plusieurs propositions successives.

La première proposition à laquelle le présent texte souscrit était : 

« L'effet miroir (chaque participant choisit un tableau qui lui ressemble) »

 

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