M. Abukhouski, C. Ollier De Marichard, O. Issartel et M. Boquillon - Une sacrée histoire

 

Il n’y aura pas qu’une temporalité dans le monde demain. Le cours de l’Histoire en sera-t-il changé ? Une nouvelle toute en flash-back/forward de Mikalaï Abukhouski, Chlodwig Ollier De Marichard, Oyhana  Issartel et Maë Boquillon 

 

 

Une sacrée histoire

 

24 novembre 2036, 10h43

Nous sommes en cours d’histoire avec Mr Luciani en salle 505, celle-ci fait partie des plus modernes du collège. Elle est spacieuse, possède un écran plat pliable que l’on utilise grâce à une télécommande à commande vocale et une arrière-salle remplie d’équipements destinés à des simulations de réalité virtuelle.

Aujourd’hui, nous allons nous en servir en deuxième heure pour notre cours sur la Seconde guerre mondiale.

11h00

La sonnerie retentit, le professeur nous laisse sortir cinq minutes. Nous admirons notre collège qui détonne à côté de la citadelle de Corte, vestige d’une civilisation passée. Nous descendons les escaliers pour aller boire une boisson énergétique composée d’uranium enrichi, qui se trouve dans le hall du collège. Après avoir bu notre boisson nous remontons les escaliers en courant pour ne pas être en retard en cours d’histoire.

En rentrant dans la classe, nous nous dirigeons directement vers l’arrière-salle pour faire la simulation sur la Seconde guerre mondiale. Nous enfilons le matériel nécessaire pour cette expérience. Tout à coup, nous nous retrouvons dans le noir. Deux minutes plus tard, le champ de bataille apparaît, le prof nous explique comment se passait la guerre dans le temps. Étant donné que les élèves précédents avaient mis le son au maximum, nous n’entendons pas la sonnerie de midi et nous continuons le cours.

Soudain, Maë reçoit une balle et a un frisson, Oyhana se fait également toucher et elle a une coupure, je me fait tirer dessus et je saigne tandis que Mikalaï vient de se prendre une vraie balle dans la main.

Notre souffle s’accélère, et notre stress augmente lorsque nous voyons cela. Prenant les choses en main, Maë décide de fouiller les sacs des soldats que nous avons récupérés un peu plus tôt et elle en sort une légère trousse de secours. À l’intérieur, nous trouvons plusieurs éléments pouvant nous être utiles comme un bandage, un bâton et de l’alcool. Sans paniquer, Maë noue le bandage avec le bâton, passe le poignet de Mikalaï dedans et tourne le bâton à fin de serrer le garrot ainsi formé ; pendant ce temps, Oyhana et moi versons un peu d’alcool sur la plaie béante de Mikalaï qui hurle de douleur.

Maë, qui pense à tout, regarde au loin lorsqu’elle s’arrête de bouger. Étonné, je suis son regard et vois une tache noire mouvante. Je la vois froncer les sourcils et lui demande ce qu’est cette tache. Elle me répond alors que c’est l’armée nazie qui arrive mais, ayant bien écouté les cours d’histoire, je sais que l’armée d’Hitler n’est pas censée être là, à ce moment-là. Maë garde son calme et nous dit de ranger nos affaires et de nous cacher derrière des rochers. Nous nous exécutons.

Soudain, Mikalaï éternue et quelqu’un apparaît. Tandis que l’armée s’approche, personne n’ose poser la question… Oyhana se lance et demande qui est cette personne. Presque du tac au tac je lui réponds que c’est Carlos Lehder, l’associé du célèbre baron de la drogue, Pablo Escobar. Cet homme était pour Hitler. De surcroît, il est mort en 2023 suite à une crise cardiaque. Carlos a l’air perdu et nous explique rapidement qu’il vient de mourir. C’est à notre tour de lui dire qu’il est revenu en 1940 sur un champ de bataille. L’armée s’approche. Tout à coup, un nazi nous tombe dessus et essaye de nous tuer. Ayant eu un père nazi, Carlos Lehder peut nous aider, donc je lui demande de parler à l’Allemand pour faire en sorte qu’il ne nous tue pas. Ça a l’air de marcher, le nazi nous emmène voir quelqu’un qui a un plus haut grade, qui a l’air étonné du fait que Carlos parle allemand. Pour en rajouter une couche, je dis que nous avons des informations compromettantes pour les Alliés à livrer, après tout, on connaît tout le déroulement jusqu’à l’issue de la guerre. Ce commandant ordonne alors à quelques hommes de nous amener en Allemagne près de l’un des quartiers généraux du Führer. Pendant le voyage, nous discutons entre nous à propos d’un sujet très important : où sont passés les autres élèves de la classe ? Sont-ils morts ? Ou alors ont-ils réussi à s’échapper ? Si oui comment ?

Arrivés à bon port au Felsennest, les soldats nazis nous conduisent à Hitler qui nous demande de lui expliquer les faits. Carlos prend les devants et lui dit que nous avons des informations concernant la guerre. Nous lui délivrons ces infos. Grâce à nous, il réussit à éviter le conflit contre les Russes.

9 ans plus tard

Hitler a gagné la guerre et règne sur le monde entier. Cela fait bientôt dix ans que nous sommes coincés ici. En fait, cela fera dix ans demain… Les nazis nous ont accordé un appartement avec quatre chambres, une cuisine, un salon et une salle de bain. Ils nous ont laissé quelques libertés mais nous restons tout de même « enfermés », ils surveillent nos déplacements et nos conversations. Nous avons également beaucoup grandi, nous avons donc tous entre vingt-deux et vingt-quatre ans.

Le lendemain nous recevons une convocation de la part d’Adolf Hitler. Il nous dit que l’Allemagne entière a décidé de nous accorder le prix d’honneur et d’aller nous préparer pour la cérémonie.

Nous retournons dans le salon quand tout à coup, un trou se forme dans le sol et nous tombons tous à l’intérieur. Tout comme il y a dix ans, tout reste noir pendant deux minutes. Nous sommes tous très étonnés lorsque la salle 505 apparaît. Nous retrouvons alors nos corps d’il y a dix ans et en même temps tous nos amis de la 3e Rouge. Au fur et à mesure nous comprenons que tout cela s’est passé dans une réalité parallèle. Notre vie d’avant revient et nous en sommes tous très heureux.

  

 

Corte au temps des hordes

En attendant le second tome du roman d’Anouk Langaney qui arrivera bientôt (Le Temps des hordes – Soupçons), les élèves de troisième du Collège Pasquale Paoli de Corte se sont mis au travail. Ils ont imaginé, chacun de leur côté ou en petits groupes, leur propre suite en répondant à ces questions : « À quoi ressemblera ton lieu de vie en 2036… quelle catastrophe pourrait s’y produire ? Comment t’en sortir (avec le super-pouvoir de ton choix !?). À toi d’écrire ». 

22 nouvelles ont été écrites dans le cadre du projet littéraire Corte au temps des hordes, dont celle-ci, par des élèves de la 3e Rouge.

Avec la complicité de Stéphanie Fede Vincensini et d’Anouk Langaney.

Pour lire les autres textes c’est ICI

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