Pierre Lieutaud / Francis Beretti - Le cerveau de pierre / Testa di petra

  

L’empereur, sa statue, la puissance de l’illusion quand elle est portée par l’admiration. Une fable contemporaine de Pierre Lieutaud, suivie de sa traduction en Corse par Francis Beretti.

 

 

Le cerveau de pierre

 

Les jets d’eau de la fontaine chantent comme des rossignols, éclaboussent l'esplanade, mouillent les passants. Au milieu, perchée sur un piédestal de granit rose et gris, sculpté de chevaux, gravé de noms de victoires, la statue monumentale de l'Empereur, debout, tend le bras vers le ciel.

Un homme enjambe la vasque de pierre et marche dans l’eau. Un homme à l‘esprit embrumé qui a sauté sur une mine à la fin de la guerre. Une partie de sa cervelle a disparu et une plaque d’acier vissée remplace les os fracassés de son crane. Son obsession c’est de récupérer le cerveau de l’Empereur. Pour remplacer le sien, Pour redevenir quelqu’un... Devenir un grand homme,

L’homme s’accroche aux gargouilles, il se dresse sur les chevaux aux yeux écarquillés, cabrés sur leurs pattes arrière, il s’agrippe dans le vent aux grandes lettres sculptées des victoires impériales, du A de Austerlitz au B de Borodino au E de Eckmühl, au I de Iéna... Maintenant, il arrive face à l'empereur de pierre. Le vent porte sa voix :

- Salut, Empereur, me voilà…

Le visage de l’Empereur est rongé par la poussière de la ville. Au-dessus des yeux, ses arcades recouvertes de lichens font des gouttières et moisissent lentement. Son nez est froid et ses lèvres serrées. 

L'homme sort de sa poche une masse et un burin, aussi fin qu'une dague barbaresque. Au-dessus du charivari de la ville, il cisaille par petits coups le crâne de l'Empereur comme une coquille d’œuf.

Tous les jours, il escalade la statue et il creuse, il pénètre toujours plus profondément dans le crâne de pierre. Il recueille la poudre du cerveau dans un petit sac de toile, retourne chez lui et il le dépose sur une longue étagère, aligné avec tous les sacs des jours précédents.

Les autos klaxonnent, la rumeur de la ville entoure la fontaine et lui, il creuse le crâne. Et puis soudain, il s’arrête, le crâne est vide, il a fini, l’empereur est écervelé. Son visage n'est plus qu’une façade... Il ferme son petit sac et il pose doucement, respectueusement une plaque de métal qui semble un calot sur le crâne de la statue. Alors, le visage de l’Empereur s’éclaire. Il revoit son royaume, les batailles, les proclamations… Sa main droite se crispe sur sa toge, ses yeux vont de droite à gauche, sans cesse, comme s'il sortait d'un long sommeil et découvrait un monde nouveau.

L'homme descend à toute vitesse, il saute sur le bord de la vasque en montrant du doigt la statue. Il crie : 

- L’Empereur, l’Empereur a bougé… 

Là-haut, l'écervelé grince de toutes ses veines de pierre. Il veut repartir vers les steppes russes, l'Espagne, l'Asie... Il dit des mots sans queue ni tête, forcément, il est écervelé. Ses bottes grincent et commencent à s'arracher du socle de métal. Ses yeux regardent l'Orient. Les gens montrent l'empereur du doigt.

- Ça alors ! Regardez, on dirait qu’il bouge !

- Laissez-moi passer, laissez-moi passer…

L'homme traverse l'esplanade en courant. Dans le petit sac, ça murmure, ça pleure. Il court de plus en plus vite... Il arrive chez lui, des chants mélodieux montent de l'étagère, des conversations sur le gravier des sentiers de Sainte-Hélène, dans les palais déserts, sur les chemins d’Espagne, au bord du Danube. Quelqu’un lit des lettres d’amour, des enfants jouent au soleil dans la cour d’une école royale et crient « paille au nez, paille au nez », une voix lit des proclamations, des suppliques adressées aux royaumes ennemis, une autre raconte des passages de cols sous la neige et des souvenirs de victoires. 

Ce ne sont pas des petits sacs alignés sur l’étagère, mais des boites à musiques, des haut-parleurs, des jouets sonores. Et ça ne s’arrête pas, le cerveau en poudre de l'Empereur se lamente d’avoir perdu son corps de statue et pleure le temps passé.

Il doit rendre son cerveau à l'empereur, vite, avant que l’écervelé ne reparte en guerre. Alors, il charge sur son dos tous les petits sacs et il retourne à la fontaine. Autour de la vasque, c'est un grand attroupement de passants, d’écoliers, de touristes, de gardiens de la paix désorientés, d'automobilistes sortis de leurs voitures abandonnées, les portières ouvertes au milieu de la rue. Il crie :

- Laissez-moi passer, laissez-moi passer...

- C’est sûr, il bouge, il bouge, crient les gens ;

- Non, C’est le vent, crient les passants. 

De petits éclats de pierre crépitent autour de lui.

 - Vous voyez, il bouge !, crient encore les gens ;

- Mais non, c’est l’érosion, la chaleur, le gel ;

- Écoutez, maintenant ça grince, il bouge, il bouge, attention, attention, il va tomber ;

- Mais non, c’est le soleil qui tourne, le reflet des nuages, le vent dans les recoins de la pierre

Lui, il sait ce qu’il se passe, il faut faire vite. 

- Oui, il faut faire vite, car sinon, murmure-t-il aux gens, sinon il s’en ira. Un piédestal vide, un empereur disparu. Disparu ? Mais où ? Une guerre nouvelle, une guerre encore, des bombes, des obus, des explosions et puis le silence, le silence des statues, rien avant, rien après… 

Il écarte la foule, il répète laissez-moi passer, vite, vite !

Il escalade la vasque jusqu’au crâne de l'empereur. La statue se tortille, une épilepsie agite l’empereur, une épilepsie ou les reflets du soleil, une épilepsie ou un mirage, ou la vapeur de pluie sur les pierres moisies, peu importe, dans les sacs ça continue à pleurer doucement, ça chante, ça déclame… Il faut faire vite. Il soulève avec respect le calot gris et il fait couler dans le trou de la tête, comme de l’eau, toutes les poudres de son cerveau. L’Empereur se détend, son regard se fixe, il se calme…

En bas, autour de la fontaine, ça discute, ça jacasse, la statue n’a pas bougé, ils sont rassurés. 

- Ce vent, ces rayons de soleil, eh oui ! eh oui ! ça peut tromper ;

- La perspective, une impression de déplacement, dit un vieillard, en montrant le ciel avec sa canne ;

- Comme un vertige passager, dit une mère de famille.

Les enfants jettent des cailloux dans l’eau, de petits arcs-en-ciel s’allument dans les éclaboussures… Tout rentre dans l’ordre des choses.

L'homme a posé la plaque de métal arrondie qui ressemble à un calot sur la tête de l’Empereur, il est descendu, il regarde la statue une dernière fois et il retourne chez lui. Il ouvre sa porte, enlève son manteau de pluie, l’accroche aux patères de bois et s’arrête devant la glace de l’entrée. Un homme le regarde. Il soulève son chapeau, une espèce de calotte grise, couleur de pierre. Il tape doucement sur son crane, ça fait un bruit sourd, profond avec des échos qui reviennent. Il sait que sa tête est un trou, une citrouille évidée et son visage une façade. Il a envie de courir, dans les rues, les places, n’importe où. 

Un bruit de cavalcades sans fin monte de la rue. Des cris, des hurlements, il sait bien ce qu'il se passe, Murat charge les hordes de cosaques. Quand le calme revient, il entend les tambours de la garde et le pas lourd des grenadiers au milieu du chant des grillons.

Dans ses yeux passent des paysages où il n’ira jamais, la mer de Chine, les steppes d’Asie, le Danube, l’Inde, l’Andalousie… Une voix lit des lettres d’amour qu’il n’a jamais reçues, quelqu’un chante une berceuse, un enfant joue au soleil. Il s’assied devant son bureau, prend sa plume et il écrit sur la page blanche d’un petit carnet :

« Qui dira un jour l'héroïsme inhumain des troupes de mon Empire. Personne, depuis la nuit des temps, Alexandre et les siens, Rome et ses légions, Gengis Khan et ses hordes, n'est allé aussi loin sans s'arrêter jamais dans la neige et le vent, les steppes et les forêts... Ce jour-là, Moscou brûlait et je me demandais si nous devions passer l’hiver dans ses ruines calcinées ou retourner chez nous en passant par la Pologne ».

C’est vrai, se dit l'homme à l'esprit embrumé, et si je passais l’hiver ici ? Il allume le petit radiateur de sa chambre, il fait très froid à Moscou, cet hiver, pense-t-il… Il écrit :

« Au printemps, je prendrai Saint Saint-Pétersbourg. Murat attendra un peu. Mes armées marcheront dans l’herbe nouvelle, les champs de jonquilles, les pâquerettes. Demain, si mes migraines me laissent en paix, j’irai voir du haut de la fontaine les steppes de l’Oural et les dômes dorés…» 

Et il s’endort sur son petit lit. Son lit de camp.

  

  

Testa di petra

  

A funtana chi sputa di quandu in quandu canta cume i rusignoli, infanga a piazza maiò, bagna a ghjente chi passa. À mezzu, in cima, sopra u pedestallu di granitu rosu è grisgiu sculpitu di cavalli, incisu di nomi di vittorie, a statua munumentale di l’Imperatore arrittu tende u so bracciu ver di u celu.

Un omu scavalca a vasca di petra è viaghja in acqua. Un omu abbambanatu chi ha saltatu sopra una mina à a fine di a guerra. Un pezzu di u so cerbellu si n’hè andatu è una placca d’acciaiu invitata rimpiazza l’ossi sfragicàti di u so cràniu. A so ossessione hè di ricuperà u cerbellu di l’Imperatore, per rimpiazzà u soiu. Per duventà un gran signore. L’omu s’arrapicheghji à e gronde, s’arrizza sopra i cavalli à l’occhji spalancati, pisati sopra e so gambe posteriore, s’azzinga in u ventu à e grande lettere incise di e vittorie imperiale, dall’A di Austerlitz à u B di Borodino, à l’E di Eckmühl, à l’I di Iena. Avà si trova in faccia à l’imperatore di petra. U ventu porta a so voce :

- Salve, Imperatore, èccumi.

A faccia di l’Imperatore hè tarlata da a polvere di a cità. I so sopraccigli cuperti di lichen facenu canali è so poca’à pocu ammuffiti. U so nasu hè freddu è e so labbre so strinte. L’omu caccia di a so stacca una mazza è un scalpellu fine fine cume un pugnale barbarescu. Sopra u fracassu di a cità, zucca pianu pianu a testa di l’imperatore cume una chjoppula d’ovu. Ogni ghjornu, colla annantu a statua è zucca. È sempre più in fondu di a testa di petra, raccoglie a polvera di u cerbellu in un sacchettu di tela, torna in casa è u pone in un longu parastasgiu, in ligna cun tutti i sacchetti di i ghjorni passati.

Cornanu e vitture, u rumore di a cità atturnieghja a funtana è ellu scava chi ti scava. Eppò d’un colpu s’arresta. A testa hè viota, ha compiu, l’imperatore hè dicerbellatu. A so faccia ùn ha più sustanza. Chjode u so sacchettu è pianu pianu, cun rispettu, pone una placca di metallu chi pare una berettuccia sopra a testa di a statua. Allora, a faccia di l’imperatore si schiarisce. Rivede u so imperu, e so battaglie, e so pruclame. A so manu dritta si cuntratta sopra a so toga, i so ochji so spalancati, cume s’ellu esciva d’un longu sognu è s’ellu scupria un mondu novu.

L’omu fala prestu prestu, salta sopr’à u bordu di a vasca, insegnendu a statua è mughja : « L’imperatore si move, si move ! » Quassù, u dicerbellatu strida di tutte e so vene di petra. Vole riparte ver di e steppe di Russia, in Ispagna, in Asia. Dice sprupositi ; bella sicura, hè dicerbellatu. I so stivali stridenu è cumencianu à strappàssi di a so basa di metallu. I so ochji guardanu l’Oriente. Certe persone mostranu l’imperatore.

- Mi mi mi ! Pare tuttu ch’ellu si move !

- Scansàtevi, scansàtevi !

L’omu traversa a piazza in furia. In u sacchettu, si sentenu sussuri è pienti. Corre sempre più prestu. Ghjunghje in casa, canti meludiosi còllanu da a tavuletta, cunversazione in u rinone di i chjassi di Sant’Elena, in i palazzi deserti, in e strade di Spagna, in orlu di u Danubiu. Una leghje lettere d’amore, zitelli ghjocanu in una corte assulanata di una scola reale, è mughjenu « Napoléoné ! Paille au nez ! Paille au nez ! », una voce leghje pruclamazione, suppliche indirizzate à i rè nemichi, un’altra conta quand’ell’ha francatu bocche sottu a neve, è memorie di vittorie. Ùn so micca sacchetti in ligna sopra u parastasgiu, ma scatule di musica, altuparlanti, ghjucàtuli sonori. Senza piantà, u cerbellu di pòlvera di l’Imperatore si lagna d’avè persu u so corpu di statua è canta u lamentu di i tempi andati. 

Deve rende u so cerbellu à l’Imperatore, in furia, osinnò u dicerbellatu si ne parte in guerra. Allora, si carica di tutti i sacchetti è torna à a funtana. In giru à a vasca, ci hè una banda di ghjente, di sculari, di turisti, di pulizzeri disurientati, di cundutori chi hannu lasciatu e so vitture, porte spalancate à mezzu a stretta. Mughja :

- Scansàtevi, scansàtevi !

- Veramente si move, mughjenu a ghjente.

- No, hè u ventu, mughje u populu…. 

Scrizzenu e petruccie intornu à ellu.

- Mi, mi, chi si move, mughjenu a ghjente.

- Ma no ! Hè l’erozione, u còtru. 

- State à sente, avà strida, si move, si move, attenti ! Attenti! Ha da cascà !

- Ma no! Hè u sole chi gira, u riflessu di i nuvuli, u ventu chi s’infrugna indè e petre. 

Ellu ha sà ciò ch’ellu accade, ci vole à fa prestu.

- Iè, ci vole à fa prestu, dice sottu voce à a ghjente, o sinnò si ne va. Un pedestallu viotu, un imperatore smarritu. Smarritu ? Ma induve serà? Un altra guerra, e dàlli, torna una guerra, bombe chi schjattanu in ogni locu, eppò u silenziu, u silenziu di e statue, niente prima, niente dopu…

Alluntana a ghjente è ripete : « Scansàtevi, prestu, prestu ! ».

S’arripicheghja à a vasca per ghjunghje à tuccà u capu di l’Imperatore. A statua si torce, l’Imperatore hè trinnicatu da una cunvulsione. Serà una cunvulzione o i rifletti di u sole, una cunvulzione o un miràggiu, o pure u vapore di l’acqua piuvana sopra e petre fràgiche ; ùn vole dì, in i sacchetti si sentenu sempre i pienti, i canti, e declamazione… Ci vole à fà prestu. Pesa respettuosamente a berettuccia grisgia è face scorre in u tufone di a testa tutte e pòlvere di u so cerbellu. L’Imperatore si distende, u so sguardu diventa fissu, si calma. 

Sottu, in giru à a funtana, a ghjente chjacchjereghja, a statua ùn s’hè micca mossa, so rassicurati.

- Stu ventu, sti ràggi di sole, bella sicura, ponu imbrugliàtti.

- A pruspettiva, un impressione di spiazzamentu, dice un vecchju, mustrendu u celu cu a so canna.

- Serà cume quandu ti gira u capu d’un colpu, dice una cumare.

I zitelli lampanu petruccie nell’acqua, picculi archi s’accendenu quand’ella schizza l’acqua. Tuttu ridiventa nurmale.

L’omu a messu a placca di metallu tondu chi pare una berettuccia sopra u capu di l’imperatore. Hè rifalatu, guarda a statua un ultima volta è torna in casa soia. Apre a porta, caccia u so mantellu, l’appicca è si pianta davant’à u spechju di l’entrata. Un omu u guarda. Pesa u so cappellu, una spezia di barretta grisgia, culor di petra. Picchja pianu sopra a so chjocca, face un rumore sordu, prufondu, è ribomba. A sà chi a so testa hè un tufone, una zucca sbiutata, è a so faccia solu una facciata. Li vene a voglia di corre, in e strette, e piazze, in u locu qualunque. Un rumore di cavalcate infinite colla da a stretta. Gridi, mughji, a sà ciò chi accade, Murat face una càrica contra orde di Cosacchi. Quandu tuttu s’hè appaciatu, sente i tamburi di a guardia è u passu pesante di i granatieri à mezzu di u stridu di i grilli. In i so ochji passanu paesaghji induve ùn anderà mai, u mare chinese, e steppe di l’Asia, u Danubiu, l’India, l’Andalusia… Una voce leghje lettere d’amore ch’ell’ùn ha mai ricevute. Ci n’hè unu chi canta una ninninanna, un zitellu ghjoca sottu à u sole. Si mette à pusà in u so scagnu, piglia una penna è scrive sopra a pagina bianca di un librettu : 

« Qual’hè chi saperà sprime l’eroisimu sopra umanu di e truppe di u miò imperu ? Nisunu, dapoi i primi tempi di l’omu, Lisandru u Grande, Roma è e so legione, Gengis Khan è e so bande, nisunu hè andatu cusì luntana senza mai piantà in a neve è u ventu, e steppe è e fureste… Quella notte, Mosca brusgiava è mi dumandavu s’ellu ci tuccàva a passà l’invernu in e so ruine carbunizzate , o turnà in casa passendu per a Pulogna ».

« Ghjè vera, si disse l’omu à u cerbellu imbrugliatu, è perchè ùn starei micca quì d’invernu ? » Accende u picculu radiatore di a so camera è « si secca di fredu à Mosca, in sta stagione », pensa. E scrive :

« Quand’ellu ghjunghjerà u veranu, piglieraghju à San Petersburg. Murat aspetterà appena. E miò armate viaghjerannu nell’erba nova, i campi di giunchiglie, di margherite. Dumane, se mi francu u mal di testa, aghju à cullà sopra a funtana à vede e steppe di l’Ural è i domi durati. »

Eppò s’addurmenta sopra u so lettinu di campu militare.

 

 

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