Francesco Macciò - da Relegatio

 

Francesco Macciò offre deux poèmes-écrins, deux pépites à découvrir. Traductions en anglais, espagnol et français à la suite.

 

 

da Relegatio

 

Sull’argine sinistro del torrente

il lazzaretto fronte mare, ora lussuoso

quartiere distopia di un mutamento.

L’Oratorio delle Anime Purganti

sull’argine destro. Neanche un pezzo

di terra per seppellire. Un rigurgito

di corpi ammassati sotto le grate,

membra e ossame in disfacimento.

Benediceva le salme il sacerdote

presso le Mura delle Cappuccine.

 

Gettati in un gorgo sotto un cielo

alla deriva, senza una preghiera

divorati da una fossa marina

a pochi metri dall’arenile i morti

senza famiglia e senza nome

come i reietti di Hart Island,

l’isola delle lacrime a est del Bronx.


 

Il corpo è rosa pastello

quando viene al mondo, ocra

prima di partire. Dio,

se c’è, è albino, fosse femmina

sarebbe trasparente.

L’anima è bianca o rosso-cinerina.

La mente è come la colori

o del colore degli ulivi.

 

In questo tempo di ribellione

e di rovina è terra d’ombra

la parola, il cuore acquamarina.

 

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The body is pastel pink

when it comes into the world, ochre

before it leaves. God,

if there is one, is albino, were he female

he would be  crystal clear.

The soul is white or ashy red.

The mind is the colour you use

or the colour of olive trees.

 

In this time of rebellion

and of  downfall, umber is the colour of speech,

the heart is aquamarine.

[Translation by Arcangela Rossi]

 

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*El cuerpo es rosa pastel
cuando viene al mundo, ocre
antes de partir. Dios,
si existe, es albino, si fuese hembra
sería trasparente.
El alma es blanca o rojo ceniza.
La mente es como la coloreas
o del color de los olivos.

En este tiempo de rebelión
y de ruina es tierra de sombra
la palabra, el corazón aguamarina.

[Traduzione: Antonio Nazzaro]

 

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Relegatio

 

Sur la rive gauche du torrent

le lazaret face à la mer, aujourd’hui luxueux

quartier dystopie d’un changement.

L’Oratorio des Âmes du Purgatoire

sur la rive droite. Pas même un bout

de terre pour inhumer. Une régurgitation

de corps amassés sous les grilles,

membres et ossements en décomposition.

Le prêtre bénissait les dépouilles

près des Mura des Capucines.

 

Jetés dans un tourbillon sous un ciel

à la dérive, sans une prière

dévorés par une fosse marine

à quelques mètres de la plage les morts

sans famille et sans nom

comme les parias de Hart Island,

l’île des larmes à l’est du Bronx.

 

***

 

Le corps est rose pastel

quand il vient au monde, ocre

avant de partir. Dieu,

s’il existe, est albinos, s’il était femme

il serait transparent.

L’âme est blanche ou rouge-cendrée.

L’esprit est comme on le colore

ou de la couleur des olives.

 

En ces temps de rébellion

et de ruine la parole est

terre d’ombre, le cœur aigue-marine ;

 

 

[traduction : Bernard Biancarelli]

  

 

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