Variétés de la mort

14 x 22 cm - 204 pages

9782905124920
21,34 €
TTC

Sept nouvelles qui s'entrelacent autour des vies sans gloire de nos contemporains. Le théâtre ? L'île et ses habitants qui vivent leur vie comme on construit sa mort. Sans concession mais avec un humour acide rare, à la dimension du propos. Premier ouvrage du Prix Goncourt 2012.

Description

Quatrième de couverture

Un ensemble de nouvelles organisées entre elles comme un roman, car les personnages des unes reviennent parfois dans les suivantes.

Chaque nouvelle est pourtant autonome et décrit un univers « célinien » manifestement situé dans la Corse d’aujourd’hui. Sans concession pour ses personnages, ni pour la société qui les a produits, sans illusion quant à leur humanité, leurs histoires racontées ici sont empreintes de cette fausse désespérance qu’est le cynisme.

L’humour détaché du style, noir forcément, contribue à dénoncer les comportements et ce goût qu’ils partagent à construire leur vie comme une parmi les variétés de la mort. Car ce qui est écrit ici c’est une indépassable contradiction de l’homme, entre ténèbres et lumières, entre Éros et Thanatos, qui oppose son goût pour la vie dans la révérence secrète pour le drame et la mort : les hommes, parce qu’ils sont humains, sont en quête de cette fin qu’ils portent en eux. Leur petitesse, leur bêtise, leur grandeur d’âme, leur amour, leur intelligence, leur violence, leur égocentrisme, leur haine, tout cela contribue à construire leur fin. Parce qu’elle est aussi leur seule construction ici-bas.

Et quoi de plus révélateur en la matière que le théâtre de la Corse d’aujourd’hui.

Extrait

« Qu’est-ce que c’est que cette merde ! s’exclama-t-il. Regarde un peu, Marie. »
Marie ne bougea pas. Marc-André vint donc lui montrer sa découverte. Au milieu des roses et des chrysanthèmes, il avait déniché une espèce de grand pot rectangulaire qui contenait trois bonsaïs d’une quinzaine de centimètres de haut. On avait accroché aux troncs minuscules une banderole bleu azur avec un visage de Christ doré et les mots Regrets éternels.
« Ça c’est original, dit Camille, charmé. Ça change des fleurs. C’est vraiment délicat. Et puis artistique.
– Non mais quel pays de cons ! tonnait Marc-André. Encore heureux qu’ils nous aient pas envoyé un platane ! Ou un palmier ! Faut être complètement con ! C’est pas toi, au moins, abruti ?
– Non, reconnut Camille dépité, j’ai pas eu l’idée, la mienne, c’est la grande couronne de chrysanthèmes avec marqué À mon cousin.
– Mais ils se croient dans un concours de jardiniers ? poursuivit Marc-André hors de lui. En tout cas, pas question de descendre cette merde au cimetière ! J’entends déjà les ricanements. Ah, bordel de merde. »
Il retourna s’asseoir avec le pot de bonsaïs sur les genoux. Les premières chauves-souris voletaient sous la véranda. Il faisait plus frais. Marie regardait la montagne.
« Ah, mon pauvre frère, dit Marc-André. Il nous manquait plus que ça ! Voilà qu’on nous envoie des arbres, maintenant.
– Oui », dit Marie.

Détails du produit

Parution
Albiana 2001
Format
14 x 22 cm
Nombre de pages
204
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