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Grandeur et misère des bandits de Corse

24 x 32 cm - 304 pages

9782824109800
39,00 €
TTC

Après avoir été tour à tour un rebelle, un brigand, un criminel ou un « homme d’honneur », le « bandit corse » a désigné tout autant un pauvre hère au maquis, un jouet du destin, un homme brisé, traqué... Un voyage sur 150 ans d'histoire, nourri de plus de 600 illustrations, photos ou documents d'archives.

Description

Le bandit corse hante le maquis sa vie durant, et les pages des livres et des journaux après sa mort.
Ses exploits, sa légende, colportés depuis des décennies, se sont polis au gré des transmissions qui exaltent les vertus supposées du réprouvé et minimisent les crimes commis. Le jeu de cache-cache mortel avec ses ennemis – au premier chef, la loi – distrait et édifie les jeunes enfants et détermine les jugements moraux sévères ou amusés des adultes.

Cette vie en marge, cette vie de « mis au ban », est le produit d’une société, avec ses codes et son histoire, ses rapports sociaux ; elle est marquée par les circonstances, la malchance en premier lieu, car on ne la choisit pas de gaîté de cœur. La précarité de l’existence, la pauvreté, les crises et les tensions politiques, les unions ratées, les vieilles rancœurs héritées, chaque événement pouvant troubler le fragile équilibre d’une vie est susceptible de faire trébucher même l’âme la plus tranquille, la destinée la plus assurée.

Le bandit, l’homme qui a trébuché, n’est pas pour autant une victime du destin. Il est celui qui a agi au nom de valeurs portées par l’ensemble de la communauté insulaire. Ne pas accomplir son crime aurait été bien pire pour lui. Il aurait perdu son honneur…

C’est souvent mû par une haute idée de l’honneur, le sien et celui de sa lignée, qu’il commet l’irréparable. Ses actes sont appréciés par son groupe familial, sur lequel ils retentissent aussi. L’honneur est une matière fragile, qui peut vous échapper, et il y a peu de l’honneur au déshonneur. Au cours de l’histoire, on constate qu’un triple motif dessine la figure psychologique du bandit corse : la notion d’honneur, celle de la solidarité du groupe familial élargi et celle du caractère propre de l’individu impliqué.

Les circonstances, l’époque, les événements politiques proches ou lointains, la transformation rapide en société « moderne » d’un univers resté de longs siècles quasiment inchangé, sont les ingrédients particuliers qui font qu’une histoire de bandit ne ressemble jamais vraiment à une autre. Car le bandit a changé au cours du temps. Il a endossé au moins quatre costumes de hors-la-loi : rebelle politique, bandit social, bandit d’honneur et enfin bandit percepteur.

La naissance du bandit corse se perd dans les limbes obscurs de l’histoire de l’île, sa fin peut être datée
d’un jour de juin 1935 où la tête d’André Spada roula dans la sciure au pied de la guillotine dressée devant la prison de Bastia.

Dans ces pages, comme l’artisan recueille et place une à une des pierres colorées sur sa mosaïque, nous avons voulu mettre en évidence toutes ces facettes, toutes ces traces venues du passé, tous ces événements extraordinaires – au moins pour ceux qui les vécurent –, dans l’espoir d’obtenir, à la fin, un tableau authentique de la figure du bandit corse à travers les âges.

Grandeur ou misère ? Que chacun puisse, à la lecture de cet ouvrage, décider ce qu’il en fut pour les hors-la-loi de Corse.

Table des matières

Avant-propos – Grandeur ou misère

I. On ne naît pas bandit

Crimes et banditismes

De quel droit ?

En Méditerranée et ailleurs

I vicini sò cucini

Anthropologie criminelle du bandit corse    

L’évolution du banditisme en Corse

Des racines anciennes

Se défendre, se faire justice

Les mutations du xixe siècle

Bandit percepteur vs bandit d’honneur

Du bandit au truand

L’honneur en question

Les mots pour désigner les maux

Justice privée

La vendetta « pour l’honneur »

Crime et politique

Mettre un terme à la vendetta

Pourquoi je suis devenu bandit…

Parole d’honneur, paroles de bandits

Portraits de bandits

Bandits du xixe siècle

Bandits du xxe siècle

Géographie criminelle

Bocognano, haute vallée de la Gravona

Fiumorbu

Cinarca et Vicolais

Taravu et Sartenais

Balagna et Niolu

Les voies de l’exil

 II. La vie de bandit

L’école du meurtre

Di tutte e mamme

Déclaration de guerre et rimbeccu

Mille raisons, mille façons de tuer un ennemi

Terroriser

L’orgueil du bandit

Prendre et tenir le maquis

Une vie de misère

Le maquis

S’échapper, fuir, se cacher…

Tuer pour survivre

Constituer des bandes

S’entourer de complices et soutiens

Armes en tous genres

Chiens de bandit

Bandit et société

La religion

Le métier de bandit

La politique

Rencontres avec le bandit

Apparition

Sociabilité

Femmes et bandits

 

III. La fin du bandit

Rendre des comptes

La société contre les bandits

Les journaux, une voix ambiguë

La presse nationale à sensation

La presse corse

L’Église aux prises avec le crime d’honneur et le banditisme…

Quelles mesures de justice ?

La gendarmerie, l’ennemie jurée

La chasse au bandit

Méthodes et moyens s’améliorent

Ruses, poursuites et embuscades

Novembre 1931, l’expédition militaire

Rendre les armes

Punir

Procès de bandits

Les peines : prison et bagne

Derniers moments

La mort « au combat »

La guillotine

Les bandits ne meurent jamais

 IV. Bandit, un « type » corse

La popularité du bandit

Un héros de légende

En poésies et en chansons

En carte postale, le bandit s’exporte

Faux et usages de faux

Objet médiatique

Hier, une « réalité »

Un fantasme pour touristes

Un imaginaire fertile

Le poids de Colomba

Une figure de roman

Rôles de bandits

Le bandit dessiné

À l’étranger aussi…

 Conclusion – Entre horreur et honneur, le bandit corse

Détails du produit

Parution
Albiana 2019
Format
24 x 32 cm
Nombre de pages
304

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