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Nunzia

12,5 x 21 cm - 88 pages

9782824109176
10,00 €
TTC

Au seuil de sa vie, Nunzia reprend le chemin parcouru, comme son mari Philippe l’avait fait pour raconter sa guerre de 14-18, à la fin de sa vie, dans Pensez à nous dans vos fêtes du cœur ! Lui comme un cri déchirant, elle en un chant doux et puissant. L’un et l’autre unis à nouveau en ces lignes…

Description

Dans le huis clos de son esprit, au fond d’une salle d’hospice, Nunzia se souvient. Des lambeaux de mémoire remontent à la surface tandis que les jours, les derniers, s’égrènent péniblement. L’histoire qu’elle raconte, c’est la sienne, celle de son amour, de ses enfants, de la rudesse de sa vie dans un village de Corse. Une vie conquise, jour après jour, joies et peines entremêlées.

***

« Je tourne la soupe. La chaleur du fugone est insupportable. Ma mère dit toujours qu’il faut en faire un dehors pour l’été. Ma sœur Angèle écrase des gousses d’ail dans un pilon, ajoute des feuilles de basilic et verse peu à peu l’huile d’olive. Maman retire le chaudron du fugone, verse le mélange odorant dans la soupe et met un couvercle. Il va infuser et parfumer la soupe. Elle appelle tout le monde pour le repas mais personne ne se presse. Il fait chaud et la soupe peut bien refroidir un peu. Ignace se lave les mains dans le bassin dehors et doit arroser Pierre car je l’entends crier. Tous les soirs c’est pareil. Pierre, tout monsieur qu’il voudrait être, n’aime pas se laver. Alors Ignace le lave de force. L’autre jour, il l’a attrapé et mis tout entier dans le bassin tellement il sentait mauvais. Il criait comme le cochon à Noël.
Je suis bien.
Où est Ignace ? Où sont mes parents ?
Cette maudite pendule face à mon lit, avec ses petites aiguilles qui tournent si lentement, je la hais et sa vue m’exaspère. Pourtant mes yeux y reviennent toujours. C’est qu’il n’y a rien d’autre à regarder dans cette grande salle blanche et froide. Douze petits lits blancs. Douze tables de nuit blanches. Des draps blancs émergent de petits visages blafards, ridés, surmontés de quelques mèches de cheveux blancs ou gris emmêlés.
Tout est sinistre.
Nous ne nous parlons pas. Qu’aurions-nous à nous dire ? Nous restons couchées. Rester debout, pourquoi ? Il n’y a rien à faire. Tout est inutile. Il n’y a qu’à attendre.
La salle d’attente de la mort. »

Détails du produit

Parution
Albiana 2018
Format
12,5 x 21 cm
Nombre de pages
88

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