Fils et petit-fils de bergers en Alta...

Fils et petit-fils de bergers en Alta Rocca

12,5 x 21 cm - 184 pages

9782846980647
16,00 €
TTC Livraison sous 1-2 semaines

Des modes de vie et des événements de l'enfance, entre famille, école et apprentissage de la vie, l'auteur dessine à grands traits les contours, sans verser dans la nostalgie stérile. De sa vie d'homme, bouleversée par les grands faits sociaux du vingtième siècle, il décrit les événements saillants– seconde guerre mondiale, Algérie et retour dans la Corse tourmentée des années quatre-vingt– qui le marquèrent personnellement pour y avoir été impliqué.

Description

Quatrième de couverture

La transhumance se préparait quelques jours à l’avance. Il fallait laisser tout en ordre. Du pain biscuit en quantité et des réserves alimentaires étaient stockés dans notre maison d’Oriu afin que ceux qui devaient rester à la plaine durant les grands travaux des champs ne manquent de rien. Au moment de la fenaison, des blés à couper ou la vigne à traiter, on ne pouvait s’absenter pour aller en ville.

La veille du départ, le cabriolet était chargé de caisses où l’on avait placé des provisions et des vêtements chauds. Le lendemain, les poules étaient enfermées dans une grande caisse à claire-voie et prenaient place dans le chargement, en même temps que le chat, placé dans un carton fermé sur lequel on avait pratiqué quelques trous pour qu’il puisse respirer.

Les chiens suivaient le troupeau qui s’ébranlait après la traite du matin. Notre mère arrivait à faire son fromage avant de fermer « le Château ». Dans la mesure du possible, les cochons partaient avant la levée du jour, puisqu’ils supportaient difficilement les chaleurs du mois de juin. La mission de les guider incombait aux deux aînés de la famille. Ce qui signifiait que jeunes, sinon très jeunes, nous devions faire le trajet à pied jusqu’à Sappareddu.

Le lendemain, il n’y avait pas que les cochons qui avaient mal aux pieds. C’est pourquoi, en guise de repos, nous en avions pour trois jours à ensemencer les légumes, pendant que mon père traçait les sillons. Son temps était compté car il devait vite retourner à la plaine où les grands travaux ne pouvaient attendre.


Avant propos

N’ayant pas de talent d’écrivain, j’ai longtemps hésité à rédiger ces quelques pages, d’autres l’auraient fait mieux que moi. Pourtant, il me semblait de mon devoir de ne pas laisser tomber dans l’oubli la vie de nos ancêtres, faite de souffrances, de sacrifices et d’abnégation. À travers mon autobiographie, j’ai voulu montrer ce qu’était la vie de nos paysans, souvent bergers comme mes parents et mes grands-parents, qui, pour surmonter certaines épreuves, ne devaient pas manquer de courage. J’ai voulu porter ma pierre à l’édifice afin de battre en brèche une légende largement répandue qui consistait à traiter de fainéants ceux qui n’avaient aucun répit, d’un bout de l’année à l’autre, qu’ils soient en bonne santé ou malades.

Certains avaient choisi d’améliorer leur situation en s’expatriant. Cela ne signifiait nullement une fuite devant les servitudes d’une vie de calamités, mais plutôt le désir d’accéder à une vie moins misérable. Même si dans la société dans laquelle nous vivons nous assistons à la perte de nos repères, les valeurs et les traditions ancestrales de notre culture se doivent d’être maintenues et mises en exergue.

Les passages de mon manuscrit dans lesquels je relate les adversités qui se sont abattues sur ma famille, ne seront certes pas un moment de détente pour le lecteur. J’ai songé à ne pas en faire état, mais j’aurais alors dû occulter une partie de ma jeunesse, ce à quoi je ne pouvais me résoudre. Je dédie cet essai à la mémoire de mes parents qui nous ont élevés dans la pauvreté, mais également dans la dignité, le respect d’autrui et l’amour du travail. Leurs sacrifices n’ont pas été vains, puisqu’ils ont eu comme aboutissement l’émancipation de leurs descendants. Ils nous ont donné, en quelque sorte, la possibilité de nous affranchir des contraintes qui avaient été les leurs, tout en nous ouvrant d’autres horizons.

Détails du produit

Parution
Albiana 2003
Format
12,5 x 21 cm
Nombre de pages
184
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