Cabrera

Cabrera

12,5 x 21 cm - 352 pages

Nera
9782846983198
9,00 €
TTC Livraison sous 1-2 semaines

Paul Milleliri après Malmaison promène à nouveau sa plume de sang dans les sombres coursives de l’histoire impériale

Description

 
Quatrième de couverture

Fin des années 1810, l’armée impériale s’enlise dans le conflit espagnol. Pendant que la cour fourmille de petits complots, de bassesses entre amis et de frivolités en tous genres, des hommes sont abandonnés sur l’île de Cabrera, prisonniers de guerre oubliés de tous. Pendant qu’à la cour se nouent des intrigues amoureuses menacées par le despotisme sexuel de la princesse impériale Pauline Borghèse, des crimes sont commis à Cabrera loin de la justice humaine et de l’œil de Dieu. Pendant que des nobliaux s’agitent autour de chimères, de valeureux soldats luttent contre la monstruosité animale de l’homme livré à lui-même.

Broyant des milliers d’hommes pour la gloire d’un seul, brisant le cœur d’un homme pour enorgueillir ceux de tant d’autres, l’Histoire va lier ces deux destinées…


Extrait

Prologue

« En 1809, Napoléon tente encore de maîtriser la situation en Espagne. Les succès militaires obtenus par sa présence veulent et peuvent faire illusion, rassurer. Mais la bourgeoisie n’en perd pas moins confiance et le petit peuple des villes et des campagnes de plus en plus saignées par la conscription ose murmurer.

En complet décalage avec les réalités militaires, économiques et sociales qui laissent poindre à l’horizon le commencement de la fin de l’Empire, la classe dirigeante se grise de fumets de gloire, de titres nobiliaires, d’honneurs et étale son clinquant. Plumes et paillettes. Perles et diamants. Soie et mousseline. Orgueil, coquetterie, fatuité. La Cour s’étourdit en fêtes, bals et réceptions où l’on rivalise d’élégance, de luxe, de faste, d’esprit ou de bêtise, de potins et de ragots, de cabales et de diatribes. Avec ou sans fausse pudeur, le faire savoir règne en maître.

Certes la guerre d’Espagne existe. Mais là-bas. Hors des vues les plus courtes. Pas à Paris. Et puis l’armée impériale n’est-elle pas invincible ?…
Et pourtant…

En peu de jours, l’insouciance affichée par la noblesse dans un quotidien futile va laisser place à des interrogations puis à l’inquiétude pour découvrir l’amertume des défaites. En Espagne, au Portugal, loin des flonflons, des violons du bal, des rires, des jeux, des chants, des franfreluches, des colifichets et des petites intrigues d’alcôves, d’autres êtres humains, la peur et la faim au ventre, subissent et mènent tour à tour une guerre sans merci ni espoir. Confrontés à cette folie sanguinaire, plus de vingt mille soldats français vont basculer, après la reddition des généraux Dupont de l’Étang et Vedel à Baylen, dans l’horreur des pontons mouroirs de Cadix et du bagne de Cabrera… Abandonnés, maltraités, ou ignorés par l’Angleterre, l’Espagne, la France…

De nos jours encore certains spécialistes de l’Empire, historiens sinon reconnus du moins connus du grand public, ignorent, feignent d’ignorer, ou tirent un voile pudique sur "l’affaire de l’île de la chèvre". Aucun manuel scolaire n’aborde l’épisode de Cabrera. L’Histoire, telle qu’elle est enseignée, ne doit, ne peut, se perdre en de pareils détails. Les manuels de géographie des collèges et lycées ne sont pas plus diserts. Située à 36 kilomètres de Palma de Majorque, à environ 200 kilomètres des côtes africaines, d’une superficie évaluée à 17 km2, l’île bien plus accueillante qu’en 1809 est devenue depuis 1991 réserve naturelle, Parc national des Baléares.

Du bagne il ne subsiste rien. Seul un monument commémoratif érigé en 1847 à l’instigation du prince de Joinville, fils du roi Louis-Philippe, témoigne de son triste passé.

Oubliée de l’Empereur, oubliée de l’histoire, tombée dans l’oubli par l’impuissance ou l’incurie des uns, la suffisance et la veulerie des autres, Cabrera n’en demeure pas moins, à notre sens, le premier camp de concentration enfoui dans la mémoire humaine. Et, toujours à notre connaissance, des États souverains, dont chacun s’accorde à reconnaître une civilisation évoluée, n’ont jamais éprouvé le besoin d’émettre le moindre regret, ni stigmatiser ce crime contre l’humanité. »

Détails du produit

Parution
Albiana 2009
Format
12,5 x 21 cm
Nombre de pages
352
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