Corse, le syndrome de Pénélope

16 x 24 cm - 110 pages

Prova
9782846982368
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TTC

Un essai d’interprétation des effets des différentes mesures et lois qu’a « infligé » le pouvoir central français à la Corse depuis le début du XIXe siècle.

Description

Quatrième de couverture

Pourquoi sous-développement, démographie atone, apathie économique et révolte sociale sont-ils devenus l’apanage de la Corse d’aujourd’hui ? Que s’est-il passé aux xixe et xxe siècles dans les rapports entre le pouvoir central et la Corse, fraîchement « intégrée », pour que cette dernière apparaisse désormais aux yeux de beaucoup comme la région emblématique de l’assistanat, du gaspillage et de l’archaïsme ?

L’auteur propose de revenir sur ce que furent les lois douanières au xixe siècle et fait l’analyse des raisons pour lesquelles elles furent imposées à la Corse pendant quatre-vingt-quatorze ans. Ces lois montrent que la France a considéré la Corse, dans ses relations avec la métropole, comme un pays étranger jusqu’en 1912. Elles se sont soldées par l’affaiblissement des savoir-faire traditionnels, l’exode de la population et une crise économique majeure.

Au xxe siècle, le constat est celui du maintien d’un système qui a constamment favorisé la consommation au détriment de la production et donc du développement économique.
La Corse qui était, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, dans une situation de faiblesse alarmante, s’est brutalement trouvée confrontée à deux grands défis : celui des atteintes à l’environnement et celui du tourisme de masse. Elle n’était pas armée pour répondre à ces questions et, paradoxalement, loin de l’aider à les affronter, l’administration française a multiplié les erreurs et les maladresses à son encontre.

C’est sur ce terrain d’un bilan problématique, vécu sur l’île comme une injustice, que s’est développée une forme spécifique de violence. Une violence que l’auteur compare, pour un temps, à celle de Pénélope détruisant la nuit ce qu’elle produit le jour… en attendant le retour d’un mythique Ulysse.

Le tableau est inquiétant mais il n’est pas désespéré. Le sursaut de la fin du xxe siècle n’a pas permis d’éviter tous les pièges, mais il a conduit a des avancées. Et il se pourrait même qu’« Ulysse existe ».

C’est sur ce terrain d’un bilan problématique, vécu sur l’île comme une injustice, que s’est développée une forme spécifique de violence. Une violence que l’auteur compare, pour un temps, à celle de Pénélope détruisant la nuit ce qu’elle produit le jour… en attendant le retour d’un mythique Ulysse. Le tableau est inquiétant mais il n’est pas désespéré. Le sursaut de la fin du XXe siècle n’a pas permis d’éviter tous les pièges, mais il a conduit a des avancées. Et il se pourrait même qu’« Ulysse existe ».

 
Extraits

« Dans l’exposé des motifs de la loi proposée au Parlement en 1911, il est souligné que « la Corse se trouve, au point de vue douanier, sous un régime spécial remontant à la loi du 21 avril 1818, et considéré depuis longtemps comme un des principaux obstacles au développement économique de cette île… » Ainsi, « dans ses relations avec la métropole, la Corse est considérée comme un pays étranger » confirmait sans nuance le législateur. La loi prévoyait notamment, dans son article 3, que désormais « les produits naturels ou fabriqués d’origine corse, expédiés dans la France continentale sous les conditions du cabotage, sont admis en franchise de droits… » Si le projet de loi, toutefois, prévoyait bien la suppression des lois douanières, les Corses, raconte Albert Laot, s’estimaient trompés car il n’était fait « aucune mention de l’affectation des recettes au département. » Un débat houleux allait donc opposer durant des mois les représentants de la Corse et les membres du gouvernement. Le projet remanié était finalement adopté une première fois et sans discussion par la Chambre des députés le 11 mars 1912. Puis il était adopté, également sans discussion, par le Sénat le 2 juillet 1912. Il était publié au Journal officiel le 9 juillet 1912.

L’île de Corse cessait donc d’être considérée comme un pays étranger dans ses relations avec la France continentale. C’est une date importante, pourtant ignorée de tous : celle de l’accession théorique totale de la Corse à un statut de territoire français. Il était temps, serait-on tenté de crier ! Il était bien trop tard doit-on admettre avec amertume » (p. 23-24).


Sommaire

Introduction

Quatre-vingt-quatorze ans d’extraterritorialité ou les racines d’une faillite : Les arrêtés Miot et le décret impérial d’avril 1811. La loi d’avril 1818. La phase de protestations. Le péché corse d’« italianité ». L’œuvre d’intégration culturelle. Le déclin et la crise économique. Le renouveau du sentiment séparatiste.

La fin des lois douanières et la persistance du handicap : La fin des lois douanières. La survivance des arrêtés Miot. Le rapport de l’inspection des finances en 1984. La continuité territoriale. L’occasion manquée d’un débat sur l’avenir économique de la Corse.

La perte des savoir-faire ou la connaissance du doute : Le « grotesque » et l’artisanat. Le « grotesque » et la pêche. Le « grotesque ». l’élevage et l’agriculture. L’échec des greffes industrielles.

L’île exsangue ou la peur de disparaître : La démographie sinistrée. La démographie insulaire au regard de la France. La démographie de la Corse au regard des autres îles de la Méditerranée. L’économie à bout de souffle. L’apparition d’une contradiction entre niveau de vie et richesse créée. Le retard en matière d’équipements. L’existence d’une majorité de Corses « ailleurs ». Le phénomène du retour des vacanciers.

Les chocs de l’après-guerre : La Seconde Guerre mondiale ou le serment fait à la France. La fin de la guerre d’Algérie ou l’immense inconséquence des pouvoirs publics. Les menaces du monde moderne et la naissance du sentiment écologiste. L’arrivée du tourisme ou l’impossible choix. L’idée d’une progression contrôlée du tourisme. Le rêve caressé d’un tourisme massif.

Le système institutionnel français ou le rôle des notables : 1969 — La victoire des notables. 1975 — Le virage de la Corse. L’après-Aleria ou la faillite de l’État. 1981 — La nouvelle résistance des notables.

Les effets du système institutionnel : Les fondements du clientélisme. Le poids des cantons ruraux. Les structures de la population. Une perversion qui s’est aggravée d’un siècle à l’autre. Une maladie structurelle.

Les pièges du sursaut : L’assassinat du préfet Érignac. Le rapport Glavany. Le processus de Matignon. La fin du processus de Matignon : l’échec de la consultation populaire de 2003. Les élections de 2007.

Conclusions

Bibliographie

Détails du produit

Parution
Albiana 2006
Format
16 x 24 cm
Nombre de pages
110
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A propos Prova

Essais historiques, anthropologiques ou sociaux qui laissent la parole aux acteurs, aux chercheurs et aux intellectuels qui s’intéressent à la vie insulaire et en amplifient les vues au-delà de la Corse. 

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