Quatrième de couverture
La Corse est fille de la Méditerranée et son insularité fait qu’elle n’appartient ni à la rive nord de celle-ci ni à la rive sud. Les auteurs antiques prétendaient pourtant que les Corses étaient des Abyssiniens et Cicéron écrivait que les Corses « étaient un mélange d’Africains ».
La tête de maure de son drapeau est celle d’un corsaire bronze un bandeau sur le front, de 1390 à 1736. Théodore de Neuhoff lui substitue la tête d’un saint égyptien aux yeux bandés qui demeure l’emblème de la Corse de 1736 à 1764. Paoli relève le bandeau sur le front à la fin de son généralat. Autant d’éléments qui semblent aller dans le sens des auteurs romains.
Pourtant l’Histoire regarde les Corses comme les victimes des Sarrasins puis des Barbaresques. Razzias à terre, captures en mer, rançons, Corses détenus au bagne d’Alger en témoignent du xvie au xviiie siècle. De leur côté, les Corses eux-mêmes capturaient des musulmans pour en faire des esclaves galériens dans les chiourmes chrétiennes.
Le xixe siècle change la donne. C’est un Corse qui débarque parmi les premiers à Sidi Ferruch en 1830 lors de la prise d’Alger par les troupes françaises, prélude militaire à la colonisation. Bugeaud se montre aussi dur en Algérie que les Algériens qui attachaient le consul de France à la bouche des canons en 1630. À partir de Napoléon III, les Corses participent largement à la colonisation de l’Algérie, viticulteurs, institutrices, fonctionnaires, le tout dans un climat relativement assagi, jusqu’aux célébrations du centenaire de l’Algérie française (1830-1930).