C’era una volta a notte

15 x 21 cm

2846981701
10,00 €
TTC

Vingt personnages ont perdu quelque chose : la boulangère, sa grande bouche qui lui faisait honte et le goût de faire du pain ; la marquise du xviiie siècle, son chemin ; l’archéologue, ses racines ; le sorcier, ses pouvoirs ; la brosse à dents, qui garde les secrets que la bouche ne dit pas, a perdu sa liberté ; le soleil, le goût de se lever.

Description

Vingt personnages ont perdu quelque chose : la boulangère, sa grande bouche qui lui faisait honte et le goût de faire du pain ; la marquise du xviiie siècle, son chemin ; l’archéologue, ses racines ; le sorcier, ses pouvoirs ; la brosse à dents, qui garde les secrets que la bouche ne dit pas, a perdu sa liberté ; le soleil, le goût de se lever.

Interview à propos de C’era una volta a notte

Barbara Mazzoni, directrice et Institutrice de la classe de CM :
Quand Suzanne leur a lu la veille de son départ pour Montréal, les enfants et leur maîtresse ont applaudi au mot de la fin. Fiers du travail accompli peut être !
Émus sûrement. Parce qu'ils ne trouvaient pas les mots pour la remercier de les avoir aidés à grandir dans leurs têtes et dans leurs cœurs.

Catherine Graziani
Que restera-t-il de ces trois années ?
Peut-être le goût d'aller au théâtre, le goût de jouer ? Celui de lire, d'écrire ? Surement une aisance, une rigueur, une habileté à prendre sa vie à bras le corps comme on s’empare d’un texte ou d’un espace pour se l’approprier.
Certainement de l’émotion, la vraie, celle des rires et des larmes, celle où le plaisir côtoie l’inquiétude…

Comment s’est passé le travail d’écriture ? 
(Extraits de Suzanne Lebeau, collection Itinéraire d’auteur, publié en 2002 par la Chartreuse, Centre national des écritures du spectacle. Suzanne Lebeau est interviewée par Joël Jouanneau, auteur et metteur en scène.)

Joël Jouanneau : « Tu as écrit en Corse une pièce avec des enfants et pour des enfants qui s’appelle C’era una volta a notte. La fantaisie des personnages est venue de toi ou d’eux ?

Suzanne Lebeau : La fantaisie des personnages et ce côté surréaliste dont tu parles m’ont été dictés par les enfants. J’ai travaillé en deux temps. Je suis allée dans la classe, deux semaines en février explorer avec eux les personnages qu’ils devaient choisir, qu’ils devaient nourrir d’un passé et d’une individualité affirmés et uniques, et pour lesquels ils devaient imaginer un parcours.
Le contexte dans lequel j’intervenais avec eux m’a permis de bien les connaître. Je vivais dans leur village et je les voyais tous les jours à l’école et en dehors. Ils venaient me rendre visite, m’apportaient des branches remplies de cerises, des fleurs, me faisaient découvrir leur pays, leur famille, leur maison.
Une pièce de théâtre, c’est un passage… et j’avais 25 personnages qui devaient vivre un passage. Après ces deux semaines, je suis repartie à Montréal avec des directives claires des enfants sur ce que leurs personnages devaient vivre et apprendre…
Je suis retournée en mai à Oletta, mon petit village où les citrons et les oranges poussaient en liberté, pour écrire le texte en rendant vivante la quête de chacun des 25 personnages ; J’ai choisi le point de départ de l’histoire d’après ce que j’avais vécu avec les enfants en février, un point de départ simple et large : les personnages pour des raisons différentes débarquent en Corse. J’avais été frappée de constater que chaque fois qu’ils me parlaient de la Corse, du maquis, des herbes, des paysages, des montagnes, ils échappaient aux personnages et aux situations stéréotypés que véhicule la télévision, les films, les livres les plus populaires. Ils s’animaient en parlant des ressources, de la beauté, et de la dureté de leur pays qu’ils connaissaient très bien et je tenais à les brancher sur des émotions et des situations vraies, comme je le fais sur mes propres textes.
On a identifié ensemble les personnages qui avaient des raisons de se rencontrer, qui pouvaient être utiles ou nuisibles dans leur quête respective et on a formé des équipes. Je leur proposais des situations qu’ils devaient développer en pensant à l’évolution de leurs rôles. À la fin de ce mois d’écriture avec moi, ils avaient compris qu’il est plus intéressant de parler des humains et de leurs émotions que de créer des situations rocambolesques où une pseudo-fantaisie tient lieu d’imaginaire et à l’accumulation de faits trace le développement dramatique. Ils ont appris à reconnaître les situations riches et les liens organiques qui nouent une intrigue en permettant aux personnages de réaliser leur quête. Ils ont vraiment compris cette dynamique de l’écriture.
Ce travail a été passionnant !
J’ai adoré ça ! »

Note de l’auteure :
Certains personnages, certaines situations vous surprendront peut-être. Vous êtes les parents d’enfants que vous aimez, que vous voyez à travers vos yeux de parents… Oui, ce sont des enfants beaux et inventifs, aimés mais parfois déroutés et sûrement inquiets devant la vie qu’ils voient comme nous la voyons aussi largement que nous le faisons, nous, les adultes, avec ses joies, ses peines, ses frustrations, ses vices.

Au début j’ai résisté à certaines images qui choquaient la mère que je suis aussi. Et puis je me suis dit que ce texte était écrit avec et pour les enfants et que je devais être au service de leurs imaginaires, de leurs désirs, de leurs peurs peut-être de grandir qu’ils exprimaient dans les images qu’ils me proposaient. J’ai arrêté de me censurer et j’ai gardé chaque image que l’enfant pouvait justifier avec des arguments convaincants pour le sens de l’histoire et l’évolution des relations entre les personnages.

Je les ai donc suivis avec beaucoup d’intérêt et d’humilité, en essayant d’organiser ces univers qu’ils avaient envie de faire vivre. Nous nous sommes mûris mutuellement et ce texte que vous allez lire nous appartient à tous.

 

Quatrième de couverture

Texte écrit pour les enfants par Suzanne Lebeau avec la participation des élèves de CM1 et CM2 de l’école d’Oletta ; suivi d’une traduction de Ghjacumu Thiers http://www.albiana.fr/Jacques-Thiers_a91.html Vingt personnages ont perdu « quelque chose » : la boulangère, sa grande bouche qui lui faisait honte et le goût de faire de pain ; la marquise du XVIIIe siècle, son chemin ; l’archéologue, ses racines ; le sorcier, ses pouvoirs ; la brosse à dents, qui garde les secrets que la bouche ne dit pas, a perdu sa liberté ; le soleil, le goût de se lever. « J’ai perdu le goût de me lever pour voir ce qui se passe dans le monde : les avions qui s’écrasent, les bateaux qui coulent, les autos qui se rentrent dedans, les tueurs qui tuent, les gens qui se suicident… J’ai perdu le goût de me lever pour entendre encore et encore les canons tonner et les fusils fusiller ». Conversations…

Détails du produit

Parution
Albiana 2006
Format
15 x 21 cm
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