Le théâtre d’ombres

Le théâtre d’ombres

14 x 22 cm - 376 pages

9782846982610
16,00 €
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Un roman-saga historique de Corse à Istanbul  Matteo Malafuoco le vicaire génois revient dans une aventure qui le transporte de Corse jusqu'au quartier de Galata dans l'Istanbul de Soliman le Magnifique. Un tueur y sévit, mais c'est pour tenter de résoudre le mystère de la mort de son ami Filippi qu'il s'est caché sous les traits d'un marchand de tissus.

Description

Quatrième de couverture

En ce premier tiers du seizième siècle, le roi François Ier scandalise l’Europe en nouant alliance avec le sultan turc Soliman le Magnifique, alors à l’apogée de sa puissance. Le roi de France place ainsi un ennemi redoutable dans le dos de son mortel rival, Charles Quint…
La chrétienté s’indigne de ce rapprochement contre-nature qui bouleverse les équilibres séculaires. Toutes les cours dépêchent leurs espions pour tenter de rompre cette connivence indigne ! Venise mobilise ses meilleurs agents, les Habsbourg intriguent… La république de Gênes, menacée par les appétits français en Italie, fait appel au subtil Malafuoco… Pour l’heure, ce dernier exerce la haute fonction de vicaire chargé de l’ordre et de la justice dans la colonie génoise de l’île de Corse.

Matteo Malafuoco, grand seigneur humaniste à la vaste culture, esprit subtil, retors même à ses heures, ami de tous les plaisirs et à l’humour désabusé et caustique, part donc secrètement pour Istanbul, flanqué de Leandro son domestique, attaché à lui comme une ombre. Mais avant d’approcher les maîtres de la Sublime Porte, Matteo Malafuoco devra démêler les arcanes d’une série de crimes pervers… Tour à tour négociant, ami d’un marchand d’esclaves, élève d’une école coranique, amoureux passionné, mais espion toujours, Matteo Malafuoco parviendra-t-il à rompre l’alliance de François de France et du Sultan des Sultans ?


Extrait

Au coin de la ruelle, les deux familles de saltimbanques bavardent. Il en profite pour s’approcher à la faveur de l’obscurité qui s’épaissit. Il tend l’oreille. Hindous et Bohémiens jargonnent, avec force gestes, dans un mauvais turc où se mêlent des mots qu’il ne comprend pas. À l’écart, le jeune acrobate caresse l’ours triste qui hoche le cou d’une façon mécanique. La petite Gitane l’a rejoint ; ils se parlent et rient doucement. Il avance encore, il se rencogne dans l’épaisseur noire d’un porche bas. Il pourrait les toucher presque. Les deux enfants s’échangent des menues friandises reçues du public cet après-midi. Soudain, un appel, les pères donnent le signal du départ. La demoiselle s’éclipse sur un dernier sourire.
Le garçonnet est seul. Le visage penché sur sa main, il compte son trésor de piécettes et d’amandes salées. C’est le moment ! Vite ! Mais comment ? Il n’a guère le temps de l’étrangler comme l’étudiant de la médressé, voici deux semaines. Quelle injure du sort ! Mais qu’est cette masse plus noire sous ce porche sombre ? Il tend le bras, c’est un tas de bois. Sa main se referme sur un gourdin noueux.

L’instant est venu de sortir de l’ombre. Ah ! Tuer est ce qu’il aime le moins, il répugne à cette besogne, mais tant pis ! Il faut en passer par là. En entendant du bruit, le petit garçon a levé la tête. Trop tard. En une volée sauvage, le gourdin s’abat ! Au bout de son bras il perçoit le craquement des os. Une plainte chétive, comme un miaulement, puis le bruit mat du corps qui choit. Le plus important maintenant. Sa lame, son scalpel, voilà, elle jette un éclat terne dans la nuit. Il se penche. La pointe plus effilée qu’un rasoir pénètre vite les chairs. La plaie sera minuscule. Il est content de lui. Il faut couper maintenant. Les tendons résistent un peu. C’est là, oui, il le sait, le tranchant s’enfonce, une légère rotation du poignet… ça y est ! Comme il est heureux soudain !

Heureux, calme, plus de haine, plus de trouble, un vide apaisant. Il ne le hait plus, ce jeune Hindou, il l’aime maintenant, parce qu’il est devenu un ami, il n’est plus seul, il voudrait pouvoir le lui murmurer à l’oreille, rire avec lui, jouer avec lui, mais il n’a pas le temps. Des appels résonnent, se rapprochent. Il faut fuir. Alors il se glisse entre deux maisons. C’est une chance qu’il ait plu cet après-midi, car la terre souple étouffe le bruit de ses pas. La nuit l’avale. Là-bas, montent un cri déchirant puis les hoquets d’un sanglot. Que lui importe ? Il n’est plus seul !

Détails du produit

Parution
Albiana 2008
Format
14 x 22 cm
Nombre de pages
376
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