Lettres de Fresnes

14 x 22 cm - 112 pages

9782905124814
15,24 €
TTC

Lettres de Fresnes Lettres de Fresnes est un recueil épistolaire posthume d'un nationaliste corse incarcéré suite à « l'affaire Erignac ».

Description

Quatrième de couverture

Lettres de Fresnes contient la correspondance de Marcel Lorenzoni alors incarcéré dans le cadre de l’instruction sur l’assassinat du préfet Érignac. Il sera relaxé enfin, lorsque la « piste agricole » sera abandonnée par les enquêteurs de la DNAT. Dix-huit mois de prison au cours desquels il ne cessera de dénoncer l’iniquité du traitement fait aux siens, à son peuple et à lui-même. Les destinataires de ces lettres sont les autorités judiciaires ou politiques, les journalistes, les chercheurs ou plus simplement ses proches auxquels il précise les termes de la « question corse » et ses propres positions politiques. Loin du pamphlet, celles-ci confirment la maîtrise d’un discours nationaliste fondé sur la dénonciation des injustices, le courage et la responsabilité politiques, le désir d’un avenir serein.

Cet ouvrage s’inscrit dans un ensemble de documents récents essentiels à la compréhension des événements politiques survenus en Corse ces dernières années.


Extrait

Lettre à Messieurs Chirac et Jospin,

Nationaliste corse, je suis incarcéré à Fresnes depuis dix-sept mois pour des raisons qui sont à l’évidence plus politiques que judiciaires. Malgré les démonstrations de l’illégalité de ma détention et de nullité des procédures, la Cour d’Appel de Paris a confirmé 54 fois depuis le 1er mars 1999 les ordonnances du juge Bruguière qui ne sait plus qu’inventer pour justifier ses théories sur l’affaire Érignac. […] Il est vrai que j’ai été à deux reprises condamné par la Cour de Sûreté de l’Etat en 1976 et 1981. Pour avoir démontré une fois déjà l’existence de polices parallèles en Corse, entre autres. […] J’ai deux fois en 1989 expliqué avec d’autres à Edgar Pisani, conseiller de la Présidence nous recevant à l’Élysée, pourquoi la politique de l’État en Corse était vouée à l’échec et comment il était possible de faire autrement. Nous n’avons pas été entendus. Au contraire, on s’est contenté d’appliquer à la Corse tous les stratagèmes de la guerre psychologique. Les aventures du préfet Bonnet en sont l’illustration la plus récente. Les origines de tous les drames sanglants que la Corse a connus sont à mettre au compte de cette politique dont rien ne dit réellement qu’elle soit abandonnée. La libération des incendiaires d’État, après une courte détention, alors qu’ils relèvent d’une procédure criminelle démontre que le concept d’égalité demeure au mieux un vœu, au pire un mensonge. La France donne une bien piètre image du pays qui se veut celui des droits de l’Homme. Il n’est que temps de mettre en harmonie idéaux et réalité en reconnaissant, après les torts esclavagistes et le génocide arménien perpétré par les Turcs, les droits du Peuple corse anéanti par les armes françaises, à deux reprises au xviiie siècle. En attendant, recevez l’expression de ma considération la plus distinguée.

Fresnes, le 16 juillet 1999.
Marcel Lorenzoni

Détails du produit

Parution
Albiana 2001
Format
14 x 22 cm
Nombre de pages
112
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