A Madunnuccia

Protectrice de la Cité impériale

16,5 x 24 cm - 120 pages

9782846982917
13,00 €
TTC

La protectrice de la cité impériale. Une histoire sainte.

Description

Quatrième de couverture

La Vierge Marie veille sur Ajaccio depuis bien longtemps. Miracles et dévotions se sont succédés depuis ce jour de 1643 où, dans le jardin du capitaine Orto, elle se manifesta pour clamer : " Miséricorde ! Miséricorde…".

C'est pourquoi, et en raison de son intercession lors de la grande peste, Notre Dame de la Miséricorde, fut notamment proclamée protectrice de la ville en 1656. Son histoire est depuis lors intimement liée à la vie des Ajacciens, les plus humbles comme… les plus illustres ! Laetitia Bonaparte, mère de Napoléon 1er, la chérissait, dit-on. Chacun la révère et la nomme ici très affectueusement " chère petite Madonne ", Madunnuccia… C'est son histoire qui nous est contée aujourd'hui …


La Vierge, reine de la Corse

La Vierge est célébrée dans toute l’île avec une ferveur toute particulière. Protectrice de l’île à l’époque de l’indépendance paolienne, elle possède de nombreux lieux de cultes disséminés sur l’ensemble du territoire. La Madunnuccia à Ajaccio fêtée le 18 mars donne lieu à impressionnantes processions. Son histoire est par ailleurs liée à la municipalité par le renouvellement annuel du vœu des Magnifiques anciens. Ce bel ouvrage illustré, érudit, populaire, l’ouvrage s’adresse à tous, croyants ou non, férus d’histoire locale ou religieuse.


Le miracle de miséricorde

Le pieux capitaine Orto, tout heureux d’avoir installé la statuette de Notre-Dame de la Miséricorde sur la niche de sa maison de campagne de Candia, l’appelait affectueusement sa petite Madone, a so Madunnuccia. Il ne se doutait nullement que son geste pieux serait à l’origine d’un miracle.

Qu’est-ce qu’un miracle? Nous prononçons souvent ce mot dans le sens où il s’agit de quelque chose qui défie la raison et les lois de la matière, un prodige extraordinaire qui suscite l’admiration, dont le but est de transmettre un message. Les vrais miracles, écrit Saint Thomas, ne peuvent avoir lieu que grâce à Dieu. Marie et les saints intercèdent.

Peu de temps après l’installation de la statuette, des jardiniers qui travaillaient non loin de là, se disputèrent violemment. D’insultes en insultes, la querelle dégénéra en baruffa, en bagarre à coups de stylets. Le sang coulait, les hommes étaient sur le point de se massacrer quand. . . soudain, une voix de femme en colère cria. Elle cria si fort qu’on l’entendit jusque dans le faubourg pourtant éloigné de plus de deux lieues. Elle sortait de la statuette de la Vierge dans sa niche et ordonnait : « Cessez le combat, basta, ça suffit ! » en martelant plusieurs fois énergiquement le mot : « Miséricorde ! Miséricorde ! »

Figés de stupéfaction, les adversaires cessant de se battre, tombèrent à genoux en priant. Les assistants sidérés, se tournèrent eux aussi vers la petite statue qui continuait à dire « Miséricorde ! », et s’agenouillant, prièrent. Le message de la Vierge était passé. Dans cette ville chrétienne, régnaient la violence et la vendetta, à cause de l’ignorance et des lois génoises injustes. La Madunnuccia du capitaine Orto enseignait la tolérance et le pardon. Les Ajacciens comprirent instinctivement ce que les théologiens analysèrent dans le mot « Miséricorde » que la dame du ciel prononçait. Elle avait crié, irritée, scandalisée par cette violence contraire à l’amour, comme une maman qui gronde ses enfants turbulents qui se battent et ne l’écoutent pas. Son Divin Fils, Jésus, s’est fait homme et est mort sur la croix infamante par amour de nous, pauvres pêcheurs afin de nous réconcilier avec son Père et obtenir qu’il nous pardonne. En disant « Miséricorde », elle disait « amour ».

« Bienheureux les miséricordieux, il leur sera fait miséricorde ». La miséricorde, a dit Jésus dans les Béatitudes, n’est pas une faiblesse. C’est la victoire du bien sur le mal. Lorsqu’on vient en aide à son prochain malheureux, malade ou dans le besoin, on est récompensé par Dieu. En n’étant pas indifférent, orgueilleux, cruel, on lutte contre les mauvaises idées, surtout celles de la vengeance.

Dieu ne veut pas que l’homme tenté par Satan s’enfonce dans la violence, qu’il se détruise et perde son âme éternelle. L’exemple le plus convaincant de la miséricorde divine dans l’Ancien Testament est celui de Moïse. Le prophète, sur le Mont Sinaï, reçut la révélation de Dieu comme le Dieu de la générosité et du pardon : « Yahvé, Yahvé, Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère et riche en grâce et en fidélité » (Ex, 34, 6). Jésus, se laissait toucher par la misère, la maladie, le malheur, le désespoir. . . La mort de son ami Lazare le bouleversa. Dans sa parabole du bon samaritain au secours du voyageur dépouillé par des bandits, il employa le mot « miséricorde » pour nous enseigner la charité envers notre prochain. C’est pourquoi la Sainte Vierge, au cœur suave et doux, avait arrêté le massacre en criant : « Cessez, ça suffit ! » et qu’elle avait demandé la miséricorde.

Enchanté par ce miracle, le capitaine Orto voulut honorer sa Très Sainte Vierge, sa madunnuccia, pour la remercier d’avoir arrêté un massacre, parlé et manifesté la volonté de Dieu. Oui, sa figurine en plâtre n’avait aucune valeur, mais pour lui elle constituait un trésor inestimable. Il eut peur qu’on la lui dérobe, la niche sur la façade de sa maisonnette isolée étant facilement accessible.

Il pensa la mettre à l’abri dans une chapelle construite sur sa propriété, qu’il dédicacerait à Notre-Dame de la Miséricorde. A la réflexion, c’était insuffisant pour rendre à la Madone un hommage éclatant. N’était-ce pas lui qui avait acheté la statuette ? N’était-ce pas chez lui qu’elle avait accompli un prodige ? N’avait-il pas été l’instrument de la volonté divine en portant le culte de Notre Dame de la Miséricorde à Ajaccio ?

Il commanda une grande et belle statue de la Vierge en marbre blanc à un artiste de Gênes. Devant elle, il y aurait deux petites statues représentant la première Tonio Botta, le jardinier de Savone à qui la Sainte Vierge était apparue et la seconde lui-même qui avait eu l’honneur du miracle de Candia.

Détails du produit

Parution
Albiana 2010
Format
16,5 x 24 cm
Nombre de pages
120
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