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Annales méditerranéennes d'économie n°6

Annales méditerranéennes d'économie n°6

« Connecting food to place » ou comment ancrer l’alimentation au territoire

16,5 x 24 cm - 144 pages

9782824110851
15,00 €
TTC Livraison sous 1-2 semaines

Aujourd’hui, l’ancrage territorial est devenu un avantage comparatif sur la scène internationale, localement aussi, et un argument de vente porteur sur les marchés. Dans la mesure où ceux-ci restent régulés, c’est aussi un vecteur de patrimonialisation qui permet aux communautés locales de faire perdurer leurs identités et de penser leur avenir.

Description

  

Avant-propos – Caroline Tafani, François Casabianca

L’ancrage territorial, concept pour l’action, outil de développement local

Mobiliser la ressource territoriale pour ancrer les spécificités – Mohammed Aderghal, Didier Genin, Pierre-Antoine Landel et Geneviève Michon

Formes d’ancrage territorial et dynamique de développement. Diversité du concept et enjeux de formalisation scientifique – Julien Frayssignes et Morgane Millet

Contribution des marchés de proximité à l’ancrage territorial des aliments. Le cas des foires rurales à thèmes en Corse et au Maroc – Mohammed Aderghal, Mohamed Berriane, Geneviève Michon, Jean-Michel Sorba

Démarches collectives de valorisation de l’ancrage territorial des produits de terroir : des indications géographiques aux marques régionales

Freins et opportunités au développement des produits de qualité. Le cas des filières pastorales à Vithkuq, Albanie – Florjan Bombaj

Penser les coproduits de l’élevage dans une perspective d’économie circulaire. L’émergence d’un SYAL « agro-artisanal » en Corse et en Sardaigne : apports de l’écologie industrielle et territoriale – Nicolas Lacombe

Appréhender la valeur d’une marque territoriale pour des parties prenantes : proposition d’un outil managérial – Mechthild Donner, Fathia Fort

L’ancrage territorial des produits de terroir au prisme de la diversification des activités rurales : une stratégie gagnante ?

La stratégie publique territoriale de valorisation du terroir en Corse.  Une analyse des documents de planification régionale – Caroline Tafani, Thérèse Albertini, Delphine Bereni et Graziella Luisi

Tourisme rural et produits de terroir : un « duo gagnant » ? Discussion autour d’exemples en Corse et au Maroc  – Mohammed Aderghal, Mohamed Berriane, François Casabianca, Geneviève Michon, Jean-Michel Sorba et Caroline Tafani

 

    

Extrait

  

L’agriculture n’est pas une activité comme les autres. Elle ne peut s’implanter n’importe où. C’est un poncif que de le dire encore aujourd’hui tant sont nombreux les auteurs, agronomes, économistes ou géographes, à s’être attachés à en faire la démonstration. Mais il convient malgré tout de rappeler qu’à moins de produire « hors-sol » ou à la verticale comme cela commence à se faire dans quelques villes en quête d’expérimentation, l’agriculture peut difficilement s’abstraire de son substrat qu’est le sol, et donc des conditions concrètes et clairement spatialisées de mise en œuvre de cette activité. Pour autant, si les formes d’artificialisation et d’aménagement des localités aux fins d’intensification agricole se sont généralisées dans nos sociétés occidentales, la production d’aliments revêt encore, dans de nombreux cas, un caractère de dépendance forte aux milieux de production et aux compétences de ceux qui conduisent les processus productifs, ce qu’on appelle le « terroir  ». Terroir-support, la terre, et toutes les propriétés qui la caractérisent ici ou là (mais ici et non là), devient un bien très difficilement délocalisable. L’agriculture, qui ne peut faire l’économie d’un usage foncier, n’est donc pas une activité comme une autre.

Et pourtant, cela suffit-il à en faire une activité ancrée ? Car l’ancrage suppose un lien aux lieux qui se décline dans toute sa complexité, dans l’épaisseur du temps, et dans des environnements situés. Ce lien aux lieux ne peut donc s’expliquer uniquement par un rapport technique de production, un peu froid, ici technologique, là carrément techniciste. Il doit être appréhendé à l’aune de sa contextualisation territoriale : comprendre l’agriculture conduit toujours d’une certaine façon à la percevoir par le prisme de la société dans laquelle elle est enchâssée. C’est bien cet encastrement sociétal 

 qui fait d’elle une activité ancrée quelque part. Cependant, les années de productivisme agricole, de machinisme et de chimisation étant passées par là, l’agriculture s’inscrit dans un temps qui l’a fait aller vers une pluralité de logiques, parfois divergentes, si l’on considère la petite agriculture familiale, artisanale, de petits flux, ou les exploitations de grandes cultures de type capitalistique. Et aujourd’hui, dans bien des territoires engagés dans une course à la compétitivité où l’on fait valoir la différenciation territoriale sur la base de la valorisation des spécificités locales, les agricultures en question renouent avec leurs racines et leur histoire par le truchement de l’activation des ressources territoriales et de la valorisation des patrimoines ruraux. S’il n’est pas spontané et qu’il relève bien souvent d’apprentissages collectifs s’épanouissant dans la durée, ce processus de patrimonialisation fait ancrage dès lors que les biens sélectionnés sont considérés comme spécifiques du territoire concerné. L’aliment devient alors le symbole de la communauté locale qu’il représente et donne sens aux lieux et aux valeurs qui la cimentent. Emporté dans sa valise comme souvenir de vacances gourmandes, acheté en GMS et consommé chez soi ou dégusté dans un esprit de partage sur le champ de foire par des résidents nostalgiques et en quête de (re)sociabilité, la consommation des produits de terroir ou des produits locaux (voire des produits régionaux) ne revêt pas toujours le même sens qu’on soit d’ici ou d’ailleurs, qu’on soit fortuné ou un peu désargenté. Mais quoi qu’il en soit, l’aliment local constitue un médiateur entre le territoire et le consommateur, et permet à ce dernier de s’y ancrer, plus ou moins temporairement, plus ou moins durablement. Cet acte de consommation lui donne la possibilité, ici, de se réapproprier un passé pas si lointain qu’on viendra goûter, là, dans le cadre de l’immixtion d’un moment dans la société d’accueil. Emblématique de la petite région agricole dont il est issu, l’aliment local ne peut s’extraire du système productif dont il provient. Et à bien y regarder, il convient donc de rappeler combien l’ancrage du produit passe aussi et nécessairement par l’ancrage de l’agriculture. Ainsi, parler plus spécifiquement de l’ancrage alimentaire territorial, de ses formes (dans leur diversité) mais aussi des processus qui le sous-tendent, suppose de s’intéresser aux marqueurs territoriaux qui font sens pour les collectifs d’acteurs concernés. Ces repères signifiants leur permettent de faire connaître ou reconnaître un certain degré de territorialisation de leurs activités et de leurs produits : le territoire d’origine et/ou de provenance des matières premières en est un premier exemple, la « typicité » de produit un autre, le mode de fabrication un troisième (on pense ici aux méthodes de production étiquetées fermières, artisanales, au lait cru).

[…] Extrait de l’avant-propos

  

  

Détails du produit

Parution
Albiana - Università di Corsica 2021
Format
16,5 x 24 cm
Nombre de pages
144

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