Archange Morelli

Albiana : Après Les idoles barbares et Une si longue escale vous publiez Le théâtre d’ombres, une saga historique passionnante. Matteo Malafuoco est de retour. Pour quelle mission ?
Archange Morelli : Matteo Malafuoco est de retour pour une mission d'espionnage qui va le conduire en Turquie, plus précisément à Istanbul , au temps de Soliman le Magnifique. Il s'agit pour la Superbe République de Gênes de briser l'alliance du royaume de France et de la Turquie de Soliman car cette alliance la menace et gravement. Elle envoie donc, secrètement, son meilleur agent à Istanbul. Mais sa tâche va se révéler ardue.
Albiana : L’alliance entre le roi François 1er avec le sultan turc Soliman le Magnifique dont il est question dans le livre, a-t-elle vraiment eut lieu ?
Archange Morelli : Oui, bien sûr, cette alliance a vraiment eu lieu. Elle a connu ses prémices en 1526 puis a été officialisée en 1536. Elle a constitué une constante de la politique de François 1er et de ses successeurs.
Albiana : Le travail de recherches et de documentation vous prend t-il beaucoup de votre temps ? Quelles en sont les principales sources ?
Archange Morelli : Oui, le travail de documentation et de recherche est essentiel. Je ne prends aucune liberté avec ma documentation, jamais. Les dates, les événements, les personnages historiques apparaissent fidèlement représentés et exposés.
Albiana : Comment structurez-vous un travail qui oscille entre réalité et fiction ? Comment vous viennent et se déclenchent vos idées de trames ?
Archange Morelli : Je m'imprègne d'abord de la période historique et des lieux où se déroulera l'action. Puis j'y insère mon intrigue. L'intrigue se coule dans le cadre historique et non pas l'inverse. Jamais, par exemple, je ne vieillis ou ne rajeunis un personnage historique pour les besoins de mon intrigue. Jamais je ne triche sur les dates. Je n'avance pas, ou ne retarde pas tel ou tel événement pour y adapter plus facilement les péripéties du roman.
Albiana : Matteo Malafuoco est d’une extrême lucidité sur le poids de ses actes sur l’histoire. Pensez-vous que ce soit un signe de sagesse et un état d’esprit que devraient cultiver tous les hommes de pouvoir ?
Archange Morelli : Matteo est très lucide... car c'est un personnage de roman ! Il est facile pour l'auteur de le rendre lucide puisqu'on écrit avec le recul. Matteo est lucide, mais il en a, somme toute, peu de mérite . Les hommes de pouvoir devraient évidemment cultiver cette lucidité, mais c'est extrêmement difficile. Quelques-uns y sont parvenus et se sont projetés dans l'avenir avec une étonnante clairvoyance : De Gaulle, par exemple.
Albiana : Argent, pouvoir, mainmise... les moteurs et raisons des exactions humaines sont, hélas, si nombreux. Quel est, selon vous, la pire de ces perversions ?
Archange Morelli : Je crois profondément que c'est l'argent... qui autorise bien des formes de pouvoir... lui-même souvent avide d'argent.
Albiana: L’amour est omniprésent de la vie de votre héros. Est-il un garde-fou devant la folie des hommes et un moteur de votre œuvre ?
Archange Morelli : Il est ces deux éléments, bien sûr. Un moteur de mes ouvrages, oui, aussi. Car, enfin, l'amour peut-être heureux ou malheureux, raisonnable ou déraisonnable, possible ou impossible. Il peut aussi s'avérer démesuré, essentiel divin... ou au contraire intéressé ou calculateur. Il permet tous les ressorts romanesques. Il est essentiel, oui.
Albiana : Le romanesque est-il au service de l’histoire ou est-ce le contraire ?
Archange Morelli : Les deux, là encore. C'est une très bonne question. Un roman historique, assez souvent, conduit le lecteur à se documenter chez les historiens de métier quant à la période qu'il vient de traverser grâce à cette fiction qui lui a plu. Mais l'inverse est vrai également. Seul changent les stratégies de lecture. On ne se positionne pas de la même manière face à une biographie et face à un roman. Mais qu'est ce qui importe en définitive ? C'est le plaisir de la culture et de l'esprit.
Albiana : Matteo Malafuoco nous reviendra t-il dans de nouvelles aventures ?
Archange Morelli : Oui, Matteo va reparaître... A Rome où son chemin va croiser l'orfèvre et le sculpteur de génie Benvenuto Cellini, lequel était un grand artiste mais un personnage démesuré dans beaucoup de domaines: sexe, violence entres autres.
Matteo pourrait aussi se retrouver à la Cour de France, ou bien encore sur les routes de la soie.
Le livre : Le théâtre d'ombres

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