Le cadavre gisait sur le dos au pied du rocher, à quelques mètres seulement des premières vagues. Il portait un jean clair et des tennis. Son tee-shirt, qui avait dû être blanc, était à présent imprégné d’un sang rouge et poisseux. Aucun autre vêtement à proximité.
- Vous avez touché à quelque chose ? demanda Leandri aux agents en faction.
- Certainement pas, répondit l’un d’eux, un brin offusqué. On a écarté tous les curieux et on a appelé le médecin légiste, juste après vous.
Un peu plus loin, un réverbère projetait une lumière diffuse sur la scène de crime. Au-dessus, des files de voitures se croisaient et tissaient un singulier patchwork sur la route des Sanguinaires. Chacun ralentissait à la vue du gyrophare de la voiture de police, tentant d’apercevoir quelque chose… parce qu’il y avait forcément quelque chose à voir. Ce serait pire tout à l’heure, à l’arrivée de l’ambulance, sirène à fond la caisse.
Un bel embouteillage commençait à se former, ponctué par les invectives virulentes et les coups de klaxons énervés.
Un peu à l’écart, bras derrière le dos, Morelli se contentait de regarder. Inutile de ramener sa fraise prématurément et en même temps, il se sentait dans la peau de l’examinateur observant du coin de l'œil ses élèves.
Oubliée la perspective du bon repas. Il était dans le bain. Plus vite que prévu. Mais il était dans le bain. Une excitation tant de fois vécue courait follement dans ses veines et il aimait ça.
Cinq minutes plus tard, le médecin légiste débarqua, la mine signée furax.