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12,00 TTC

Petit plongeoir vers l'abîme
nouvelles

Collection : Nera

Kentaro Okuba

un recueil de nouvelles où l'explosion mentale est toute proche... toute...

Albiana, 2008

Format : 12.5 x 19.8 cm
ISBN : 978-2-84698-250-4
Quantité :

Catégorie : Collection Nera (polars, série noire) / Littérature / -

EXTRAIT

Kentaro Okuba a publié "Evanescence de l'hiver" aux éditions Albiana (2006), ses acolytes ont publié ailleurs (qu'ils crèvent !!!)

  •  

Extrait

 

« Dans quelques instants,

mes hommes vont te jeter dans la rue, et tu y resteras pour toujours. Avec des règles simples, un, tu ne dois jamais t’en sortir. Et dès que tu gagneras un yen de plus que celui nécessaire à un bol de riz, on te le volera. Deux, pour ta femme et tes enfants, c’est très simple, ils vivront tant que tu ne les reverras pas. Si tu t’approches d’eux de moins d’un kilomètre, ils sont morts. Fais donc bien attention à ne circuler que dans les endroits infréquentables. Tu vas vivre comme lui, là-haut tu vois, comme ce fou des sables, tu as été grand et tu seras plus minable que les minables, un clodo puant et maudit, une ombre de la ville. Tu comprends.»

Le chef regarde Yamagata, et lui se force à le regarder en retour avec la même intensité. Ils se mesurent, ils se toisent, la haine est le plus précis des mètres étalons. Yamagata esquisse un sourire, quelque chose qui ressemble à un sourire. C’est sa dernière attaque possible. Il a perdu aujourd’hui.

« Non » dit le chef qui lit dans son regard « Tu n’as pas perdu aujourd’hui. Tu ES perdu. Pour toujours. Mes hommes vont te suivre en permanence et tu ne pourras espérer aucune aide, aucun réconfort, juste un carton pour dormir et la pisse des chats comme tisane. Un régime de vaurien. Il devra te convenir. Si tu meurs, j’égorgerai moi-même tes enfants sous les yeux de ta femme. Tu comprends. Il faut que tu sois en bonne santé. Pour eux. C’est ça une charge de famille, non !!! »

Ils se mettent à rire bruyamment, et ils rient toujours lorsque des bras puissants l’emportent. Il est presque évanoui maintenant, et il ne sait plus où il est. Une porte métallique s’ouvre, et il est projeté rudement sur l’asphalte. Il cogne de la tête et la douleur le fait hurler. Tout son corps est cassé, et il est couché sur le trottoir comme un chien. Comme un chien, comme Saddam dans son trou à rats. Cassé et tout seul, humilié, vaincu.

Un coup de pied dans les côtes le fait se plier en deux, et une voix rocailleuse, une haleine de whisky et de cigarillo, vient cracher à son oreille.

« Le chef a dit… Bonne chance, vermine, pense à tes enfants. »

Il ferme les yeux, l’esprit vide, à peine conscient de l’éternité de souffrances qui s’ouvre à lui, et sous sa joue, le béton est tellement dur.

Tellement."

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Dernière mise à jour: 12/03/2010